Pour ou contre l’avortement ?

21 minutes

Cette question me trotte dans l’esprit depuis le jour où j’ai eu mon enfant. Suis-je pour ou contre l’avortement ?

Lorsque j’étais plus jeune les cours d’éducation à la sexualité se limitaient à ce q’est un rapport sexuel et à comment un enfant est « fabriqué ». Le pénis rentre dans le vagin, y dépose sa semence, les spermatozoïdes se prennent pour Michael Phelps, le plus chanceux rentre dans l’œuf et voili-voilou ! Le sexe était présenté comme quelque chose de tabou, de caché, il ne fallait pas y penser, il s’agissait juste d’apprendre ce que c’est. Des méthodes contraceptives étaient brossées, mais le stérilet n’avait pas grand intérêt pour les enfants de 10 – 12 ans que nous étions. Le ton des enseignants allait plus dans le sens de « J’ai fait ma part, advienne que pourra ». Le ton de mes parents n’était pas différent. « Utilisez des préservatifs pour vous protéger ! ». De quoi ? Pourquoi ? Quand ? Comment s’en serivr ? Quels sont les risques et comment les prévenir ? Advienne que pourra !

J’ai grandi dans un univers de jeune adolescent et de jeune adulte où l’avortement était utilisé comme une méthode contraceptive, bien qu’au contraire de ces méthodes il ne s’agissait pas de prévenir une grossesse, mais plutôt de prévenir un accouchement. L’avortement était le dernier ressort, et bien entendu le plus efficace, après des tentatives de prise de comprimés dont les noms se chuchotaient de fille en fille. Il s’agissait parfois de prendre une tablette entière, parfois avec du whisky, le breuvage qui assurait un résultat « satisfaisant ». Au cas où les conseils des copines semblaient douteux, il suffisait de poser la question au marchand ambulant de médicaments. Il avait toujours des recettes détonantes !

J’écris ce texte et je me rends compte que j’ai su l’existence et le rôle présumé de ces potions bien avant d’entrer au collège. Pour ne pas se faire connaitre par les vendeurs qui auraient d’emblée deviné la raison de l’achat de certains produits, les « grandes sœurs du quartier » nous envoyaient nous, les enfants, acheter leurs sachets de whisky et leurs comprimés. J’étais curieuse de savoir pourquoi chaque fois qu’elles trainaient avec tel ou tel garçon elles nous demandaient d’acheter la même chose. L’une d’entre elle a pris le temps de m’expliquer comment ne pas faire un enfant : « Tu prends tel nombre de comprimés de tel médicament. Si tu n’en trouves pas tu prends tel autre médicament, mais le nombre de comprimés est différent. Si tu le fais plusieurs jours après l’acte sexuel, il te faut absolument du whisky, sinon tu es foutue ! » Nous le savions donc tous… pour ne pas dire toutes.

Les bastonnades, les humiliations et le rejet familial subit en cas de grossesse rendaient ces informations précieuses. Tout comme le fait de toujours avoir dans son cercle une amie « grillée », c’est-à-dire pour qui tout espoir de vie chaste était perdu (pour rester polie) et qui avait forcément dans sa tête la localisation de 2 ou 3 « cabinets » de personnes prêtes à pratiquer un avortement. L’amie grillée était rejetée de tous le jour et une alliée de valeur la nuit. L’avortement était sévèrement puni sur le plan social, l’ostracisation allait de soi. Bien que nous lancions des pierres aux accusées-coupables, nous savions toutes au fond de nous que nous aurions pu faire le même choix si jamais le cas c’était présenté. La phrase qui nous liait ? Les parents ne doivent jamais savoir.

L’avortement était grave, mais pas si grave finalement parce que parfois « nécessaire ». Qui aurait pu recommander à sa jeune amie de ne pas le pratiquer quand nous savions toutes ce que cela signifiait ? Nous n’étions pas très fan de l’école mais aucune d’entre nous n’était prête à cesser d’y aller pour s’occuper de l’enfant à l’origine de notre disgrâce. Personne d’entre nous ne voulait se voir devenir une bonne à tout faire insultée et bastonnée du matin au soir à la maison parce que, selon les codes sociaux et familiaux, c’est ce que nous méritions. L’astuce était de se taire pour ne pas être complice de l’avortement au cas où la solution était adoptée, mais aussi de se taire pour ne pas être « complice » des maltraitances des parents au cas où la grossesse était menée à terme. « Assia ! », « Laisse ! » ou « Attache le cœur ! » étaient les formules de soutien par excellence. Elles ne voulaient rien dire dans le fond.

La grossesse devait même parfois être cachée à celui qui aurait pu et dû être notre plus grand soutien, le « responsable » (qui finalement n’était pas si responsable que ça) parce qu’il pouvait se fâcher, nous accuser de tromperie étant donné que lui il faisait « toujours attention », parce qu’au final c’était notre problème, parce que de toute façon lui n’était pas enceinte ou, pire encore, parce qu’il pouvait s’en plaindre à ses amis (après nous avoir quittée) qui l’auraient dit à tout le monde. En bref, on aurait tout perdu : école, famille, mec, réputation.

Je me souviens de ma stupeur qui s’est vite transformée en énervement lorsque j’ai sur le prix de la pilule contraceptive. A l’âge de 23 ans j’ai décidé de ne plus faire de la prière ma seule barrière contre la conception d’un enfant (oui, je suis de celles qui ont moult fois promis chasteté au Ciel, à la Nature et à la Providence s’ils lui épargnaient disgrâce) et je suis allée voir un gynécologue, chose peu courante dans mon entourage. Je continue de trouver ahurissant comment toute forme de réelle protection contre les MST et les grossesses était vue comme sale parce que trop ouverte, trop visible, trop sue. Aller chez un médecin et parler du fait qu’on a des rapports sexuels ? La honte ! Donc comme je disais j’y suis allée. J’étais dans une relation plus ou moins existante, oui c’est le mot, et j’en avais juste marre de vivre la peur au ventre, et ce seule et sans appui car la grossesse n’engage que celle qui la porte. Je suis allée chez le médecin en me disant que quel que soit le prix de la pilule, je l’achèterais. J’étais prête à me priver de tout, de livres, de fringues, de loisirs et même de viande (la denrée alimentaire la plus chère à l’époque) pour faire disparaitre ce nœud que je portais en permanence dans le ventre.

Elle coutait 1005 FCFA. Environ 1,50 euros. J’ai dû demander au pharmacien s’il n’y avait pas erreur sur la facture. Non, elle coutait bien 1005 francs. Je me suis empressée d’en acheter pour 3 mois au cas où le vendeur serait un stagiaire mal informé. Mille francs. Les plaquettes et le whisky populaires dans mon enfance coutaient parfois plus que cela, étaient très dangereux pour la santé et n’étaient pas si efficace que cela si l’on se fie au nombre d’enfants nés malgré leur prise. Les nombreux avortements autour de moi auraient pu en grande partie être évités pour 1000 francs par mois, à raison d’un peu moins de 34 francs par jour.


L’avortement fait grand bruit ces derniers temps sur les réseaux sociaux en raison de la situation aux Etats-Unis, le recul de la possibilité des femmes de choisir pour elles-mêmes, mais aussi l’accès aux méthodes contraceptives qui se ferme petit à petit. Je vous recommande d’ailleurs le documentair Reversing Roe qui revient sur l’histoire des origines de Roe Vs Wade (le procès qui a emmené la Cour suprême américaine à statuer en faveur de l’avortement) à nos jours. Je me suis aperçue que la question semble ne faire grand bruit que récemment, mais le combat se mène en silence depuis des décennies et des décennies.

J’ai dit au début de cet article que je me pose la question de savoir si je suis pour ou contre l’avortement depuis que j’ai eu mon enfant. Pour la première fois je réfléchissais pour avoir un avis réel sur la question. Il ne s’agissait plus de survie, de préservation, de cachotterie, mais de vie, la vie d’un de mes enfants imbriquée dans la mienne. Pour la première fois j’y pensais alors que j’étais dans une situation où personne ne pouvait me lancer de pierre quelle que soit ma décision. Je pouvais enfin aborder la réflexion par moi-même pour moi-même.

Je me suis demandé récemment ce que serait ma vie si ma fille n’en faisait plus partie. Je me suis rendue compte que nombre d’activités que je pratiquais avant sa naissance et dont l’objectif était profondément égoïste sont aujourd’hui directement liées à elle. Avoir un bon boulot n’est plus seulement lié à mon épanouissement intellectuel, mais aussi à ma fille. Il doit pouvoir me permettre d’avoir les moyens de passer du temps avec elle et de lui offrir la vie que je veux pour elle. Me documenter continue d’avoir une place centrale pour moi, mais l’un des rôles centraux de cette activité est d’être mieux éclairée pour elle. Je blogue et je tiens un podcast pour moi, mais aussi pour qu’elle sache qui je suis et quelle est mon école de pensée lorsqu’elle en aura besoin si jamais elle en a besoin. Je peux continuer comme ça jusqu’à demain. Mon Bébé Caramel est incontournable dans ma vie.

Je suis heureuse d’être le parent de l’enfant que j’ai. Je suis fulfilled de vivre ce que je vis pour elle et avec elle. J’ai voulu dire « heureuse », mais le mot n’aurait pas fidèlement rendu ma pensée. Je sais à présent qu’un enfant peut changer une vie, et que cela peut être pour le meilleur malgré les nombreux obstacles et difficultés. Je sais la part de bonheur qu’apporte la parentalité, ce qu’elle m’apporte à moi, mais je reste très lucide sur la parentalité, de la conception de l’enfant à son accompagnement sur Terre.

J’ai su au cours de ma grossesse que je suis porteuse d’un trait génique qui peut être à l’origine d’une grave maladie pour mon ou mes enfants. Forte de ce savoir, j’ai la conviction que rien en ce monde ne peut me convaincre de faire un autre enfant sans une assistance médicale dès la conception. Jamais. Je ne prendrai jamais le risque de condamner un enfant à une vie de maladie et de douleurs. Jamais. La question qui se pose donc est quelle aurait été ma réaction si j’avais été dans les chaussures d’une personne autre que moi à qui on annonçait à un moment de sa grossesse que l’enfant souffrirait d’une maladie qui le handicaperait jusqu’à une mort qu’elle causerait certainement ? Les croyants me diront que Dieu pourvoira, sauf que ce Dieu n’apaisera pas les peines de l’enfant, ne bouchera pas les oreilles et ne durcira pas le cœur de ses parents lorsqu’il gémira de douleur. Ma solution à moi pour ne pas en arriver là est une assistance dès la conception, mais qu’en est-il de ceux ou celles qui n’ont pas accès à ce type de soins ou qui n’ont aucune idée de l’état possiblement défectueux de leurs gènes ?

L’une de mes plus grandes peurs lorsque j’ai su que j’étais enceinte était de me retrouver dans une situation de pauvreté sans précédent. J’estimais gagner assez d’argent pour moi, pour mon épanouissement personnel. Je n’avais aucune idée de ce que coutait vraiment un enfant, mais j’avais une conviction née d’une expérience d’enfance dont je parlerais peut-être un de ces jours : un enfant voue ses parents à la pauvreté (cet article vous en dira un peu plus sur cette peur). Être en difficulté financière lorsqu’on est seul est une chose. Avoir à charge un bébé dont les besoins ne peuvent être revus à la baisse alors qu’on connait des difficultés financières et qu’on n’est pas prêt à vivre cela c’est autre chose.

Cette peur n’existe plus en raison de mes revenus de l’époque et actuels, mais lorsque je prends les choses sous un angle différent, je reste convaincue qu’un enfant peut contribuer à l’appauvrissement d’une famille. Les enfants ont longtemps été considérés comme une richesse, une croyance qui continue de se vouloir actuelle. Une vie riche est une vie faite de nombreux enfants qui prendront soin de vous dans votre vieillesse. En réalité les enfants étaient considérés comme une main d’œuvre gratuite : plus on en avait, plus de personnes on avait à disposition dans ses champs et ses ateliers, plus l’activité pouvait s’étendre, et plus on gagnait de l’argent. Ne pas avoir d’enfant signifiait devoir se contenter de son seul travail pour survivre, et ne pas pouvoir se nourrir dans ses vieux jours étant donné qu’on n’aurait plus de force pour s’activer (les pensions retraites n’existaient pas). Si vous n’avez toujours pas lu Sapiens : A Brief History of Humankind de Yuval Noah Harari, il serait peut-être temps de le faire.

En cette ère de capitalisme, un ou des enfants sont la pire chose qui puisse arriver à certains, quelle que soit leur classe sociale. L’époque où la réflexion se limitait à ce que l’enfant allait manger est révolue. Dans ce monde de compétitivité il faut planifier son avenir et se battre pour lui offrir tous les avantages possibles selon nos moyens : de bonnes écoles, des livres, une épargne que nous alimentons régulièrement pour son avenir, un plan financier pour ses études…Un enfant est un réel poids financier surtout avec l’inflation que nous vivons tous. Les prix des loyers poussent même de nombreux jeunes travailleurs à rester à la charge de parents vieillissants parce que ne pouvant se prendre en charge. Tout est cher. Il y a très peu de chances aujourd’hui qu’un enfant nous rapporte de l’argent, bien au contraire. Être prêt à faire un enfant c’est être prêt à faire face à tout ceci du jour de la conception à notre mort, et je peux vous assurer que la longue espérance de vie actuelle ne fait pas que des heureux. Le choix se limite parfois à soit vivre décemment seul, soit crever de faim à plusieurs.

On en parle très peu, mais le poids mental de la parentalité peut détruire tant l’enfant que le parent. J’en parle dans l’article Que signifie prendre soin de son enfant.  Lorsque j’évoque souvent les difficultés à ce niveau, la réponse spontanée de beaucoup de gens est « Mais ça vient aussi avec beaucoup de bonheur, donc il serait bien que tu penses à faire un deuxième ». La parentalité c’est cool, c’est beau, et un enfant ne peut que contribuer au bonheur, c’est un don de Dieu. Si on poursuit dans cette lancée, Dieu « donne » également des maladies mortelles, on n’en est pas plus heureux. Il est possible de ne pas être mentalement prêt à avoir un enfant pour notre bien à nous, mais aussi et parfois pour celui de l’enfant. Je n’étais pas mentalement prête à avoir un enfant, alors je sais ce que c’est. Peu de gens savent ou peuvent effectuer un travail de fond pour dépasser cette limite. Ceux qui n’ont pas accès aux bons outils finissent souvent au cœur d’histoires de suicide ou d’infanticide.

Tout enfant n’est pas toujours conçu d’une relation amoureuse entre 2 personnes bienveillantes l’une envers l’autre. Un tour à La Maison Rose à Guediawaye dans la banlieue de Dakar au Sénégal le montre. La plupart des filles (pas femmes) qui y trouvent refuge sont souvent des jeunes filles violées à répétition par un membre de la famille, parfois le père, un fait non pas su, mais confirmé par la grossesse. Elles sont chassées de leur maison familiale parce qu’elles y ont apporté la honte (nous ne parlerons pas de l’homme totalement épargné). Certaines n’ont pas un corps assez développé pour enfanter, ce qui peut entraîner des conséquences très graves pour les 2 enfants (je ne peux me résoudre à écrire pour la mère et pour l’enfant).


Un enfant est un projet personnel avant d’être un projet familial ou social. Je reste tout de même consciente qu’il s’agit d’une vie et qu’on ne peut en faire ce que nous souhaitons. A mon sens la question de base ne devrait pas être centrée sur l’avortement mais plutôt sur la prévention des grossesses tant chez les filles/femmes que chez les garçons/hommes. Ne faire peser le poids des grossesses que sur celles qui la portent, en faire des fautives est l’une des causes des avortements, en particulier les avortements clandestins. Une éducation sexuelle adaptée réglerait une grande partie du « problème », et pas seulement chez les jeunes. De nombreux adultes continuent de croire au fait que prendre une douche après l’acte sexuel et/ou sauter sur place pour faire sortir le sperme déchargé dans le vagin peut prévenir des grossesses.

Comme de nombreuses institutions religieuses, l’Eglise voit la contraception et la sélection d’un mauvais œil. Elle préconise l’acceptation de tout enfant fécondé quelles que soient les circonstances, et le religieux est très souvent brandi comme argument contre l’avortement. Ce point est assez délicat, mais je tiens tout de même à préciser que je n’appartiens à aucune religion et je ne cautionnerai jamais le fait de forcer des gens à vivre selon les croyances d’un groupe auquel je n’appartiens pas et qui finalement ne me concernent pas. Je n’accepterai pas par exemple de faire des enfants tous les 2 ans en mettant ma santé en jeu et en nous vouant à un manque financier réel parce que « c’est Dieu qui donne ». Je n’accepterai pas de faire des enfants dont je ne peux m’occuper sur le plan mental ou financier parce que c’est la volonté d’un Dieu auquel je ne crois pas sous la forme présentée par ledit groupe. Non.


Je suis et demeure pro-vie. Vivre mon enfant au quotidien m’émeut car je le vois profiter de chaque minute de son existence. Avoir l’opportunité de vivre, d’aimer ou de détester est inestimable. Cette lueur dans ses yeux chaque fois qu’il apprend quelque chose de nouveau ou réalise les choses qui sont pour moi les plus banales participe à un bonheur indicible, tout comme le fait de préparer le chemin qu’il décidera de choisir ou non. Avoir mon enfant me rend heureuse, mais ne change en rien les raisons pour lesquelles je n’aurais pas fait d’enfant. Je suis pro-vie mais je reste également pro-choix, surtout dans des cas extrêmes où la santé et la vie des personnes concernées sont engagées. Je sais ce que c’est que ne pas vouloir faire d’enfant et les raisons profondes qui peuvent informer ce choix, raisons qui protègent plus souvent l’enfant à ne pas venir que le non-parent.

Je suis passée par tellement d’états ! Je sais ce que c’est de prendre la décision de ne pas avoir d’enfant et de finalement accepter d’en avoir un. Je sais ce que c’est que de faire face à un lourd diagnostic durant la grossesse, diagnostic qui pèsera sur l’enfant jusqu’à son dernier jour. Je sais ce qu’est avoir un enfant et toute la lourdeur qui va avec, surtout sur le plan personnel. Porter un enfant est bien trop complexe, bien trop nuancé pour qu’on soit définitivement pour ou définitivement contre, surtout lorsqu’on n’est pas concerné. Les implications sont trop grandes pour le cadre restreint pour que les décisions soient prises hors de ce cadre. Dans le documentaire évoqué plus haut, il est demandé à un homme quelle est son opinion en ce qui concerne l’avortement. Sa réponse est édifiante : « Mon opinion, rien d’autre. »

Je vous invite à lire mon essai Never Mine Alone qui fait partie de la collection I Know What’s Best for You si vous souhaitez savoir quelle a été ma réaction lorsque je me suis retrouvée face a l’absence de choix.


Réfléchir à l’avortement est utile et important car cette question nous concerne tous, qu’il s’agisse des femmes et du poids social qu’elles subissent ou des hommes et du poids social qu’ils laissent peser sur les femmes, et même de ceux qui ne se veulent d’aucune de ces deux catégories mais qui partagent leurs réalités biologiques. Réfléchir à l’avortement est utile et important, sauf que comme je l’ai dit dans l’article, l’intérêt vient du fait que la question est brûlante aux Etats-Unis et donc dans les médias. Notre réflexion se limite à des avis émis pour un changement de paradigme ailleurs que chez nous. Je vous laisse donc avec ce court article d’Africa News qui, j’espère, orientera votre réflexion vers un changement de paradigme sous nos cieux et non ailleurs :

L’avortement est désormais légal au Bénin. L’Assemblée nationale a voté ce jeudi la légalisation de cet acte, qui jusqu’ici était interdit, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.

Désormais, l’interruption volontaire de grossesse peut être autorisée jusqu’à 12 semaines. Pour le ministre de la Santé, cette mesure vise aussi à mettre fin aux avortements clandestins. Car chaque année au Bénin, près de 200 femmes meurent des suites de complications d’un avortement, selon les chiffres du gouvernement.

Le Bénin rejoint ainsi 4 autres pays africains qui ont légalisé l’IVG : la Tunisie depuis 1973, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert en 1997, et le Mozambique en 2014.Mais ailleurs en Afrique, l’interdiction d’avorter reste la norme. Pour plus d’une vingtaine de pays, l’avortement est autorisé uniquement si la vie de la mère est en danger, d’autres l’autorisent en cas de viol ou d’inceste, ou en cas de malformation du fœtus. Et pour 6 autres pays, comme la république du Congo, le Sénégal ou encore l’Egypte, l’avortement est interdit quel que soit le motif.

Ainsi, en Afrique, les risques d’infection et de mortalité à la suite d’un avortement clandestin restent parmi les plus élevés du monde, selon l’OMS. Sur les 6 millions d’avortements estimés chaque année à travers le continent, seulement 3 % se font dans des conditions médicalisées et sûres pour les femmes.

Photo : Nataliya Vaitkevich


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1 comments
  1. Merci déjà pour le partage de réflexions. Je pense que chacun doit choisir pour lui et pour son enfant à venir. Je pense qu’on devrait dire à nos jeunes sœur que un stérilet pour 5 ans de contraception coûte 10.000FCFA. Je pense qu’on devrait dire que la grossesse est l’une des moindres conséquence du sexe car il y a des maladies qui peuvent être pires que de porter un enfant en santé. Je pense que les parents devraient assumer leur rôle et expliquer les choses aux enfants de manière véridique selon l’âge de l’enfant. Je pense qu’on devrait arrêter de penser d’abord à ce que le voisin va dire avant de faire un choix qui nous concerne. En tous cas tant que chacun assume son choix et les conséquences de ce dernier ce n’est pas mon problème

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