L’obstacle que serait la parentalité

par C. Befoune
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24 minutes

« As-tu l’impression d’être ralentie dans tes activités, de manquer des choses depuis que tu as eu un enfant ? »

Cette question m’a été posée par une âme qui se reconnaîtra durant le live sur Instagram après la publication de l’article sur l’arrivée du petit humain. J’y ai donné une réponse sommaire. Aujourd’hui j’ai fait le tour de la question et je peux enfin y répondre sans me voiler la face. J’ai évalué la situation, j’ai pris des décisions et j’avance sereinement. 

Avant de poursuivre, je vous recommande vivement l’article Having Kids de Paul Graham. Je me suis reconnue dans chacun des mots. Si vous avez l’impression que ce que je dirai ici reste flou ou incomplet, cet article vous éclairera certainement.

J’ai eu du mal à réaliser que j’ai un enfant. 

En réalité non.

J’ai eu du mal à comprendre que j’ai un enfant. Je ne peux assurer que je le comprends totalement aujourd’hui. Le processus est toujours en cours et le sera encore un bon moment. Jusqu’à ce que mon nouveau système de vie soit totalement déployé.

Je travaille sans relâche depuis 2012. Pendant près de 8 ans je ne me suis définie que par mes résultats, mes réalisations, mes initiatives créatives. Faire toujours mieux a été et reste mon mantra. Je ne me qualifierais pas de carriériste, mais comme je l’ai dit dans le deuxième épisode du podcast, je ne vis que pour mes résultats.

Je me sens vivante, apaisée, et surtout utile quand je travaille. Je suis heureuse quand j’acquiers des connaissances qu’il m’est possible de diffuser d’une manière ou d’une autre afin de partager mes acquis. Je ne voulais pas faire d’enfant ou vivre une relation amoureuse « intrusive » parce que j’avais créé un équilibre dans ma vie. Cet équilibre n’aurait pas été statique, mais il aurait tourné autour des mêmes éléments : travail, acquisition des connaissances, résultats, connaissance et reconnaissance du Moi.

Lorsque nous sommes rentrés de l’hôpital avec le petit humain, tout ce dont j’étais sûr était que je devais adopter une nouvelle discipline afin que la parentalité ne soit pas lourde pour moi. J’ai longuement parlé de cette lourdeur ici, alors je ne reviendrai pas dessus.

Je savais qu’il était impossible pour moi d’être aussi productive que je l’avais été, et je pensais que ça ne durerait qu’un moment. Je devais m’occuper d’un humain. L’idée n’étais pas n’était pas d’en faire moins. Il s’agissait de trouver le moyen d’en faire autant, voire plus qu’avant. Je pense aujourd’hui qu’inconsciemment, je voulais me prouver qu’avoir un enfant ne changerait rien à ma vie. 

Après le premier mois de vie du petit humain, j’ai repris mon projet de recherche de nouveau boulot exactement là où je l’avais laissé lorsque j’ai su que j’étais enceinte. Le petit humain était là, la vie pouvait reprendre son cours. Il n’était pas totalement question de trouver immédiatement un nouveau boulot, je voulais attendre 1 mois ou 2 encore. Il était question de voir ce que le marché me proposait, mais aussi de me rendre assez attractive pour le séduire.

Je n’avais pas pris de congé de maternité (pourquoi pas parentalité ?), alors j’ai continué comme avant. Les livres que j’avais laissé en suspens devaient être terminés et ceux en attente devaient être lus. Je devais poursuivre avec Digressions et réfléchir à un nouveau projet créatif. J’avais l’impression que je n’avais rien créé depuis des décennies, tellement la grossesse avait semblé longue.

En gros ? J’alignais une idée après l’autre et la perspective d’un projet après l’autre.

Quelques semaines après notre retour de l’hôpital (je ne dis pas maternité parce que les papas y sont très présents eux aussi ; le nom devrait être revu !) j’ai commencé à ressentir… je dirai une gêne. Puis cette gêne s’est transformée en questionnement, mais un questionnement que je n’arrivais pas à formuler tant dans ma tête qu’oralement.

Tous les soirs j’allais me coucher en me disant « Aujourd’hui encore je n’ai rien foutu ! » Les livres prenaient la poussière sur les étagères. Mon ordi… parfois je ne savais même plus quelle était la dernière fois où je l’avais vu et à quel endroit. Mon compte LinkedIn n’avait toujours pas été retouché et était plein de toiles d’araignées. Mes obligations par rapport à différentes plateformes n’étaient pas respectées, et pour la première fois de ma vie j’ai soumis une traduction avec du retard.

Ma valeur à mes propres yeux a commencé à décliner. Je n’étais qu’une bonne à rien. Je n’étais pas fichue de faire ci ou ça. La grande question était la suivante : je ne suis plus enceinte, je ne peux plus prétendre souffrir de baisse d’énergie ou de tout autre mal de grossesse, alors pourquoi je ne fous rien ?

Je compensais tout cela en multipliant les idées d’initiatives et en me posant encore plus de poids sur les épaules. Il fallait en faire davantage. Je suis devenue obsédée par l’idée de trouver un nouveau boulot. Je l’avais décidé depuis 2018, et j’avais un an de retard. Il me fallait des résultats. Pourtant plus je me créais des tâches, moins j’en faisais. Et j’arrivais à me convaincre que c’était parce que je n’étais qu’une paresseuse. Je devais me bouger.

Une fois Leyo et moi nous sommes posées pour parler. Je lui partageais ma frustration et je lui disais combien il était impératif que j’aie un nouveau boulot dans les prochains mois. Je devais me remettre au sport parce que je n’en pouvais plus de ce corps flasque, je devais faire ci et je devais faire ça.

« Prends le temps de te reposer, tu viens d’avoir un bébé. »

Lorsqu’elle m’a dit ceci, la première chose qui m’est venue à l’esprit a été « Mais elle ! Je lui dis que je n’en fais pas assez et elle me demande de me reposer ! Est-ce qu’elle a compris une seule chose de tout ce que je lui ai dit ? » Je dois avouer que j’étais vexée, alors j’ai changé de sujet. 

Parallèlement à tout ceci j’étais noyée dans le petit humain. Oui, noyée.

Son papa et moi mettions tout en place pour qu’il évolue dans un cadre quasi parfait selon notre compréhension de la parentalité. Nous lui inculquions une certaine discipline afin qu’elle fasse partie de son quotidien sans que nous n’ayons à taper du poing sur la table. Je vous donne un exemple.

Après avoir débattu de la question avant sa naissance, nous avons décidé que l’heure du coucher du petit humain serait 19 heures. Pour y arriver, il fallait mettre en place un système.  Dès le jour 1 à la maison, à 19 h nous étions tous en mode « nuit ». Plus de bruit, lumière tamisée dans l’environnement de sommeil. On n’en sortait pas avant 6- 7 h du matin.

Très tôt le bébé a commencé à faire ses nuits, et aujourd’hui il s’endort entre 18h 30 et 19 h 30. Parfois il se réveille à minuit pour manger et se rendort aussitôt, parfois il dort jusqu’au matin. Ce système lui a également appris à se réveiller très tôt, un autre élément que nous souhaitions pour lui. Généralement à 7 heures il est déjà lavé et prêt pour la journée.

Mettre ce type de système en place (et il n’y en a pas qu’un seul chez nous) n’a pas été facile pour l’adulte que je suis. Parfois j’en pleurais, parce qu’après 19 heures j’avais l’impression de ne plus avoir de vie. Nous dormions à peine la nuit et je devais être debout à 6 h pour que le bébé s’habitue à la réalité selon laquelle les journées commencent très tôt.

Je ne vais pas en dire davantage sur nos systèmes d’éducation ici. Je le ferai peut-être une autre fois si la demande est grande.

J’étais tellement plongée dans son éducation et obsédée par le bébé que son papa m’a foutue à la porte. D’après lui, je devais m’éloigner pour me recentrer. Je me souviens du jour où j’ai reçu l’invitation pour la réunion annuelle d’Africa Blogging à Addis Abeba. J’ai immédiatement pensé « C’est non ! ». J’en ai parlé au papa du petit humain au détour d’une conversation. Il m’a interrompue et m’a dit « Tu dois y aller ! » Comme avec Leyo plus haut, je tombais des nues.

Aller où ? Sans mon enfant ! Le laisser derrière-moi ! L’abandonner ! Pourquoi ? Comment ?

« Ta vie ne doit pas s’arrêter parce que tu as un bébé. »

Pour vous faire la version courte : j’ai été jetée dehors. Et ce pour mon plus grand bien.

Ce voyage m’a fait réaliser un fait clair : mes désirs n’étaient pas alignés. Je voulais le beurre et l’argent du beurre. Je voulais me relancer dans mes activités (et en ajouter d’autres), et dans le même temps je ne voulais pas laisser le petit humain derrière moi pour « faire ce que j’avais l’habitude de faire avant sa venue. »

Il ne s’agissait même pas d’avoir des désirs non alignés. Ils étaient contraires.

Mon séjour en Ethiopie m’a permis de faire la part des choses. Je savais que j’avais un petit humain, mais je ne l’avais pas compris. Je vivais 2 vies parallèles : celle de la Go Getter qui veut tout exploser et celle du parent dévoué. Les 2 vies ne se rejoignaient nulle part. Étant donné que je ne pouvais me dédoubler, mes performances dans les 2 vies n’étaient pas excellentes. Les résultats de la Go Getter étaient limite inexistants. Ceux du parent étaient bons, mais pouvaient être améliorés.

J’ai compris lorsque j’ai tout mis à plat dans ma tête et sur la table que ma vie de parent avait pris le dessus. Dans tout le chaos de mes attentes et de mon ressenti négatif envers moi-même, sans même l’avoir planifié, j’étais meilleur parent que je n’étais Go Getter. J’avais lâchement essayé d’être 2 « moi ». J’ai jeté dans l’arène les 2 pans parallèles de ma vie. Sans arbitre et sans audience, le parent a gagné le combat. Il n’avait besoin de personne dans son camp pour s’en sortir.

Ma lâcheté a donné lieu à une maïeutique. Je voulais être parent. Mes performances le prouvaient assez. Mon refus spontané de me relancer dans ce à quoi je pensais rêver vouloir était assez parlant.

C’est à ce moment-là que j’ai décidé de prendre les choses en main.


Je m’étais en quelque sorte dédoublée parce que j’avais inconsciemment pensé que je ne pouvais être moi et être parent à la fois. Il fallait régler ça. Pire, j’avais rejeté la réalité selon laquelle le parent en moi avait pris le dessus. Pourtant un nouveau mantra avait vu le jour depuis la venue du petit humain : tout pour mon enfant.

C’est Leyo qui avait raison. 

Je devais prendre le temps de me reposer pour me recentrer.

J’ai couru sans m’arrêter pendant 8 ans. Boulot. Blogging. Contrats. Acquisition des connaissances. Je ne connaissais rien d’autre. Je ne perdais pas ces éléments, mais ne pas les vivre exactement comme je les avais vécus pendant près d’une décennie me déstabilisait. Tout changement faisait l’effet d’un virus dans un système bien huilé.

La raison pour laquelle je me lançais désespérément des défis (boulot, projets, lecture…) n’était pas bonne. Elle n’était en aucun point positive. Je voulais me prouver que je pouvais rester moi « malgré » le petit humain.

Sauf que mon enfant n’est pas un « malgré ».

Il est le pilier le plus important de ma vie. Je ne vis pas pour lui et je ne me sens pas plus complète parce que je l’ai. Mes bases sont posées et ne vacillent pas. Mais il faut savoir donner au petit humain ce qui lui revient : il est le pilier le plus important pour moi.

J’ai fait asseoir le papa du petit humain et nous avons eu une discussion franche. Je n’allais pas continuer ces activités qui me poussent à voyager tout le temps. Le voyage pour Paris après Addis Abeba, je n’allais pas y aller. Et il en serait de même pour les voyages suivants. Je n’allais pas chercher de nouveau boulot. Je n’allais pas me lancer dans 7000 projets créatifs.

Ce que je veux c’est être là pour mon enfant.

Le plus grand soulagement a été celui de réaliser que je ne perdais rien du tout en réalité. Ma vie n’en était pas à sa fin. Elle devait juste être réaménagée. Et je l’ai fait avec joie et allégresse.


L’idée de base était celle d’être un bon parent sans vivre la lourdeur de la parentalité.

Je devais apprendre à inclure le petit humain dans mes activités quotidiennes. Je devais cesser de penser qu’avoir un enfant c’est être cloîtré dans la maison. Vivre la parentalité de cette manière a été une des raisons pour lesquelles je me suis retrouvée à ne pas pouvoir concilier 2 vies qui n’étaient en réalité que la somme d’une version modifiée de ma vie.

J’ai appris à sortir avec le petit humain sans être accompagnée. Je suis contre le fait de traîner la nounou partout avec soi comme c’est l’usage ici. Je ne veux pas avoir besoin d’une assistance permanente pour passer du temps avec mon enfant.

Je ne suis pas une grande aventurière, donc généralement je sors le petit humain pour aller faire des courses, pour aller prendre une glace (pour moi hein !), pour lui permettre de respirer de l’air frais et lui permettre de découvrir de nouveaux endroits ou pour l’initier au style de vie que je souhaite qu’il adopte (visite de musée, librairie…).

J’ai appris à calibrer mes sorties avec lui. Je le sors généralement après qu’il ait mangé. Je sais qu’il n’aura pas faim pendant 2 heures au moins, ce qui me laisse une marge.  Son sac à langer est très pratique et vraiment passe partout (je vous l’ai montré sur Instagram), mais je ne le prends que pour de longues sorties. Généralement j’ai une trousse avec 1 ou 2 biberons avec de l’eau au niveau désiré, et un « distributeur de lait » (je ne sais comment on appelle ces trucs compartimentés où on peut mettre la quantité de lait/farine exacte pour chaque biberon), une couche et des mouchoirs. Grâce au minimalisme j’ai compris que nous n’avons pas besoin de plus. La pratique m’a appris que le petit humain est plus à l’aise dans une écharpe de portage plutôt que dans un porte bébé. 

J’ai réappris à sortir. Si j’ai quelque chose à faire hors de la maison je ne me pose pas de question, je ne prévois plus de le faire uniquement si la nounou est là, et je n’annule plus certains programmes la mort dans l’âme. Mon prochain challenge est d’effectuer un voyage longue distance avec un bébé, seule ou accompagnée. Je le ferai, ça je peux vous l’assurer.

Je vous ai parlé tout à l’heure des heures de lever et de coucher du petit humain. Au départ nous ne le faisions pas pour nous, mais pour son développement. Lorsque j’ai décidé de contempler les choses avec objectivité, je me suis rendue compte que l’aubaine était grande. 

A présent que le bébé fait quasiment ses nuits, voici une de mes journées type (quand tout se passe bien, et c’est généralement le cas). Je me lève à 6 heures et je fais ma séance de fitness. Je prends une douche et je réveille le petit humain. Je lui donne son bain, moment privilégié pour moi : je parle, il babille, on rigole, il pleure quand je lui nettoie les oreilles et crache quand je lui donne du sirop. Puis je lui donne à manger et sa nounou arrive. Je les laisse tous les 2 et je vais me préparer pour travailler soit de la maison, soit au bureau.

Lorsque je travaille de la maison, je m’assure d’aller dans sa chambre toutes les heures pour lui faire des bisous. Je fais une pause à midi pour faire à manger puis passer du temps avec le bébé. Puis je reprends mes activités. Si je vais au bureau, j’y reste très, très rarement après 13 heures. Ceci me permet de passer du temps avec le petit humain, et parfois de piquer un somme d’une heure ou 2. 17h 30 c’est l’heure du pyjama. Je le change, on lit un livre, on effectue des activités pour développer ses sens, on joue, on discute, on passe des coups de fil à la famille, il mange, puis il dort. 

De 19 h à 23 h je peux vaquer à mes occupations. Passer du temps avec le papa du petit humain, lire, écrire, travailler, dormir tôt si je suis fatiguée, regarder un documentaire, regarder un film si c’est le week-end, passer des coups de fil … Le dimanche est exclusivement consacré à notre petite famille et à la lecture. 

Ma vie n’est au final pas très différente de celle que j’avais avant la venue du bébé. Je me lève tôt, je fais du sport, je travaille au bureau ou de la maison, et mes soirées sont dédiées à des activités privées, mes projets personnels ou l’acquisition de connaissances. Grâce à une certaine discipline, j’arrive à vivre une vie « normale » et qui me convient. Il m’a fallu un voyage en Ethiopie pour le comprendre !


Il y a un sujet en particulier que je souhaite aborder. Celui du boulot.

Lorsque j’ai lu The Moment of Lift de Melinda Gates, j’ai senti comme un poids ôté de mes épaules quand elle a dit qu’après la naissance de son premier enfant, elle a pris la décision d’arrêter de travailler. Elle a démissionné de Microsoft et s’est consacrée à la fondation Gates, une activité prenante, mais qui lui offrait la flexibilité nécessaire pour être présente pour ses enfants.

J’ai eu un sentiment de validation. Melinda Gates n’a rien de la meuf entretenue. Elle est formée en informatique et en économie (MBA) et a épousé Bill Gates alors qu’elle était en cours d’une brillante carrière au sein de Microsoft. Elle avait tout de la Go Getter, mais a décidé de se consacrer à sa famille et à ses activités personnelles. Elle reste une Go Getter, mais dans un domaine autre que l’informatique. Son travail au sein de la fondation est juste magnifique.

J’ai eu un sentiment de validation parce que si j’en avais les moyens, j’aurais fait exactement pareil. Et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas l’intention de chercher un nouveau boulot pour le moment. Je maîtrise mon domaine et je n’ai besoin que de peu d’efforts pour avoir de bons résultats. Je ne suis astreinte qu’à 15 heures par semaine au bureau. Grâce à mes résultats mes supérieurs savent que présente ou pas je fais le travail. J’aurais aimé avoir un meilleur salaire, mais je ne veux plus me lancer sur tous les fronts en même temps. Je peux passer tout le temps désiré chez moi.

S’il vous plaît, ne me ramenez pas des discours selon lesquels la parentalité changerait « les femmes ». Le papa du petit humain s’assure lui aussi de travailler majoritairement de la maison (2/3 du temps), donc non, ne me collez pas le rôle de la « femme qui a tout laissé tomber ». Mon histoire ne doit pas valider votre narratif selon lequel un humain de sexe féminin ne peut évoluer dans le milieu professionnel après avoir eu un enfant. Ça n’a absolument rien à voir.

Le papa du petit humain et moi savons ce que nous voulons pour notre enfant. Nous ne voulons pas être des parents entre 16 et 18 h. Nous voulons être des parents à temps plein pour l’équilibre de notre enfant, mais aussi parce que nous voulons apprendre à le connaitre. Il est crucial pour nous d’être proches de lui.

Nous ne voulons pas être limité à des « figures d’autorité ».  Nous voulons développer une relation particulière avec notre enfant, celle que nous jugeons meilleure pour notre vie ensemble. Je vous ai parlé de la newsletter Daily Dad. Si vous vous y êtes inscrits, alors vous aurez un aperçu global de notre compréhension de la parentalité.

Je ne dis pas ici que les parents qui ont des boulots de 9 à 17 h sont de mauvais parents. Très loin de là. Je ne fais que parler de ce que je veux pour moi, et ce que je veux est très simple : tout comme son papa, je veux être physiquement présente pour mon enfant. Voilà tout.

Ça ne signifie pas que je vais végéter au poste que j’occupe jusqu’à  la fin des temps. Loin de là. Pour le moment il répond à mes besoins, et pour le moment je n’ai aucune envie de me lancer à corps perdu dans la maîtrise d’un nouveau domaine. Je ne le veux tout simplement pas.

Après 8 ans, je veux me reposer.


Tout ceci nous ramène à la question de départ : ai-je l’impression d’être ralentie dans mes activités, de manquer des choses depuis que j’ai eu un enfant.

La réponse est oui, j’ai eu cette impression. 

J’ai eu cette impression quand j’étais au point de ma vie où j’avais accepté d’avoir un enfant mais je n’avais pas compris que j’en avais effectivement un.

J’ai eu cette impression quand j’ai refusé de m’avouer que je n’étais plus la même personne que j’ai été avant la grossesse, quand j’ai été réfractaire au changement.

J’ai eu cette impression quand j’ai refusé de m’avouer que la Go Getter que j’étais avait une nouvelle priorité : être un parent présent.

J’ai eu cette impression parce que je pensais ne pas faire honneur à toutes mes réalisations, à celle que je suis devenue grâce au fait d’avoir explosé tellement de plafonds !

Aujourd’hui je sais que je ne manque rien. 

J’ai réalisé beaucoup de choses dont j’aurais rêvé si je n’avais pas eu l’occasion de les accomplir.

L’écriture a pris une grande place dans ma vie, et je peux m’y consacrer tout en gagnant de l’argent grâce à mon boulot.

Depuis que j’ai accepté que mon objectif c’est celui d’être un parent complet et présent, je suis plus en phase avec moi-même. J’arrive à me bouger. Je fais du sport avec une régularité militaire. J’en suis à mon cinquième et sixième livre depuis le mois de décembre (ma liste de lecture est disponible sur mon compte Goodreads). J’ai même créé un podcast que j’alimente régulièrement (ce projet créatif que j’ai tellement voulu accoucher !).

J’écris plus qu’avant, je crée plus qu »avant, je suis en quelque sorte plus productive qu’avant. Je fais mon boulot comme je l’ai toujours fait, et mes résultats sont pareils. Je gagne de l’argent. J’épargne. La différence n’est pas très grande. Le seul pan mis de côté pour le moment est la maîtrise d’un nouveau domaine. Comprenez-moi bien. Il ne s’agit pas de cesser de nourrir mon cerveau. Il s’agit de ne pas plonger à corps perdu dans un domaine dans l’optique d’avoir un nouveau boulot qui me permettra de déployer et tester les connaissances acquises. Je sais que je me relancerai probablement. Pour le moment ce n’est pas ce que je veux.

Aujourd’hui je sais que la chose la plus importante que je puisse manquer c’est l’épanouissement de mon enfant.

Continuer à m’accrocher à celle que je ne suis plus pour me prouver des chimères ne me sera pas bénéfique et ne sera pas bénéfique à mon petit humain. Parcourir les continents pour participer à des événements qui ressemblent fait pour fait à ceux auxquels j’ai participé ces nombreuses années ne m’apportera rien de plus et privera un enfant de la présence aussi régulière que possible de son parent.

Je ne crache pas sur ces événements. Loin de là. Ils ont grandement participé à faire de moi celle que je suis. J’en ai tiré le meilleur. Il est temps de passer à autre chose.

Avec le petit humain c’est un monde de possibilités qui s’ouvre. J’ai tellement de choses à découvrir et à lui faire découvrir. Je veux partager avec lui tout ce que j’ai appris. Je veux acquérir de nouvelles connaissances et vivre de nouvelles histoires avec lui d’un côté et son papa de l’autre.

Je veux lui donner la possibilité d’explorer tout ce qu’il voudra, je veux voir ses yeux briller quand il voit le sable rouler entre ses doigts ou quand il se rend compte que la boue est moins dure que le goudron. Je veux vivre à travers ses yeux la découverte de son monde. Je veux être là pour lui expliquer ce qu’il ne comprend pas, ou faire des recherches avec lui pour que nous comprenions tous les 2 ce qui nous est obscur.

Ce petit humain est comme je l’ai dit, la matérialisation de mon activisme à son paroxysme. J’ai permis à un humain, à un citoyen d’ici et d’ailleurs de venir au monde. C’est ma responsabilité de lui apprendre à le rendre meilleur à son niveau.

Pour le moment cette vie me convient. J’attends de voir ce qu’elle me réserve, et les prochaines attentes qu’elle a de moi.

Photo : Tenzing 


PS : peu de gens le savent, mais il est possible de surligner des passages des articles, comme c’est le cas sur Medium. Ce serait bien d’utiliser cette fonctionnalité pour que je sache quelles sont les parties du texte qui ont retenu votre attention. Et puis, il faut bien que mon argent serve à quelque chose puisque j’ai payé pour cette fonctionnalité !


Digressions n’a aucun compte sur les réseaux sociaux, une situation qui n’est pas près de changer. Pour vous tenir informés des activités ici, abonnez-vous au blog, tout simplement. 

Je suis disponible par mail à l’adresse mesdigressions@gmail.com et sur Instagram à @c_befoune.

Retrouvez-moi également sur mon podcast Les Papotages de C.

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