Comment tenir un journal ou la feuille de route vers la positivité

par C. Befoune
3 commentaires
10 minutes

J’écoute en ce moment l’épisode 474 du Tim Ferriss Show, le podcast de Tim Ferriss.

Ça fait un bout que je ne vous ai pas parlé de podcasts, pourtant je continue de me noyer dedans. Je dois reprendre de bonnes habitudes…

Donc je disais que j’écoute en ce moment l’épisode du podcast de Tim Ferriss avec Matthew McConaughey comme invité. Très franchement cet acteur ne me parle pas. Je trouve ses films un peu trop « miel », pas assez profonds.

Au départ je souhaitais écouter l’épisode 477 avec Yuval Noah Harari ou 476 avec Seth Godin. Une fois devant la liste des épisodes, j’ai vu celui avec MM (son nom est trop long à écrire, permettez que je l’abrège) et je me suis dit « Pour rien au monde je n’écouterai ce truc ! MM ! C’est une blague ?! » Puis j’ai fait une pause et je me suis souvenue que je me suis promis il y a des années de sortir de ma bulle de connaissances pour explorer d’autres univers.

Je m’informe beaucoup et je consomme beaucoup de contenu, sauf que mon paramétrage par défaut est d’aller vers ce que je connais déjà et qui valide plus ou moins mes points de vue, raison pour laquelle Yuval Noah et Seth Godin avaient ma préférence. J’ai énormément appris d’eux, ils ont élargi mon champ de vision et d’action et je suis d’accord avec quasiment toutes leurs recommandations. Je les lis, je les regarde, je les écoute sur presque toutes les plateformes auxquelles j’ai accès.

Agir de cette façon m’enferme dans une bulle que je pense diversifiée mais qui en réalité ne l’est pas. Ce type de comportement mène au radicalisme car les convictions qu’on a ne sont pas challengées et se cristallisent au fil du temps. On finit par penser que notre vision des choses est la seule légitime et que tous ceux qui n’y adhèrent pas ont un sérieux problème.

En ce moment je lis Yuval Noah et j’applique dans ma vie personnelle et professionnelle les enseignements de Seth Godin. Pourquoi ne pas découvrir MM ? Ce qui m’a convaincue a été mon expérience de l’écoute de Dwayne « The Rock » Johnson et Justin Timberlake sur le podcast Oprah’s Master Class (j’en ai parlé dans cet article).

Je trouvais que The Rock n’était pas très bon acteur et Justin Timberlake n’avait rien d’autre pour lui que sa voix et sa qualification de sex symbol. J’ai été tellement émue par leur histoire, leur parcours et surtout leurs enseignements qu’aujourd’hui je les écoute chaque fois que j’en ai l’occasion. Leurs prestations ont à présent un intérêt différent à mes yeux. Je regarde les films de The Rock et je me dis « Lui c’est quelqu’un de bien, de vrai ». Oui, je regarde ses films, et avec attention !

Je n’en suis pas encore à la moitié de l’épisode avec MM et j’éprouve la même sensation. Le mec a à dire, et il dit des choses très, mais alors très loin d’être stupides. Son parcours, son éthique de vie et sa façon de vivre la sienne forcent le respect.


Durant son interview avec Tim Ferriss, Matthew McConaughey (l’orthographe de ce nom est vraiment difficile à retenir et à écrire) évoque le journaling, le fait de tenir un journal. Il dit qu’il s’est rendu compte il y a quelques années qu’il ne tenait un journal que lorsqu’il allait mal. Une rupture, un échec, et il éprouvait le besoin de s’exprimer pour se libérer.

Il s’est aperçu que rien ne restait des bons moments de sa vie. Il ne les notait pas et les oubliait souvent. Seuls les instants noirs perduraient, gravés dans des carnets. Lorsqu’il souhaitait replonger dans sa vie, il n’avait accès qu’à la noirceur parce qu’il arrêtait d’écrire une fois que tout allait bien.

La seule road map qu’il avait c’était la manière dont il se comportait quand il allait mal. Ce à quoi il pensait, le noir qu’il broyait… Il n’avait aucune donnée concrète sur ce qu’il faisait quand il allait bien, ce à quoi il pensait, ce à quoi il s’occupait, ses habitudes du moment… Rien qui puisse lui permettre pas de reproduire forcément, mais de se rapprocher autant que faire se peut des résultats qu’il avait à un moment heureux précis dans sa vie.

Ce partage m’a fait penser à une vidéo sur la chaîne YouTube de Tim Ferriss dans laquelle il partage ses méthodes de journaling. Il est un grand adepte de la culture physique (sport et alimentation) et il tient un journal pour cela (il en tient beaucoup et celui-là n’en est qu’un parmi d’autres). Ce que j’ai trouvé vraiment intéressant c’est la déclaration suivante que je vais paraphraser :

Lorsque je regarde une photo de moi, que je trouve mon corps intéressant et que je veux reproduire ce résultat, je n’ai qu’à regarder la date de la photo, ressortir mon journal de cette époque pour savoir exactement quelle était ma routine à ce moment-là pour pouvoir la reproduire et avoir exactement le même résultat.

J’ai adoré.

Les partages de MM et Tim Ferriss m’ont poussée à me questionner sur mon rapport à l’écriture. J’essaie de tenir un journal depuis des années, mais mon dévouement ne va jamais au-delà de 3 jours. Je sais aujourd’hui que c’est parce que je prends la chose par le mauvais bout, on y reviendra.

Le mois dernier je n’ai quasiment pas écrit sur le blog. Le site a été violemment attaqué, c’est vrai, mais ce n’est pas la seule raison. Je n’avais rien à dire. Rien de spécial ne se passait dans ma vie alors je me suis dit que je n’avais rien à partager. En fait je dirais rien de vraiment négatif. Je me suis également aperçue que je suis nettement plus prolifique lorsque je vais mal. J’ai eu une discussion il y a quelques années au cours de laquelle un autre créateur de contenu et moi-même nous demandions si nous ne nous maintenions pas dans un état dépressif pour pouvoir créer du contenu étant donné que la dépression nous inspirait.

Je suis connue et reconnue pour mes écrits noirs. Une des critiques de ma contribution à l’œuvre de Bakwa Magazine intitulée Taxi Drivers Who Drive Us Nowhere and other Travel Stories a été que le texte dépeignait une situation qui semblait désespérée. Je parlais du fait de devoir voyager très régulièrement avec un passeport camerounais, et selon mon point de vue je n’ai pas menti : c’est difficile. Je suis très souvent questionnée à l’aéroport et mon passeport est parfois retenu « parce qu’on n’est pas certain que je quitterai le pays ».

La critique semblait vouloir percevoir une lueur d’espoir d’amélioration ou de changement dans mes propos. Il n’y en avait pas et jusqu’à aujourd’hui je n’en vois pas. Je suis sûre et certaine que si j’avais été prophète à l’époque de Jésus, j’aurais été comme lui un prophète apocalyptique : la fin du monde est proche, repentons-nous.

Mais ne digressons pas…

Tout comme Matthew McConaughey (toujours aussi difficile à écrire), quasiment aucune feuille de route ne me reste des moments de ma vie où tout allait bien. Qu’est-ce que je faisais, qu’est-ce que je lisais, où est-ce que je traînais, comment est-ce que je m’alimentais, quel était mon cycle de sommeil, quel animé je regardais…

J’ai dit précédemment que je comprenais mal ce que signifiait tenir un journal parce que pour moi ça se limitait à faire de longs textes sur ce qu’on vit ou ce qu’on pense. Ça consiste à ça, mais ce n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres. Il ne s’agit pas seulement de dire avec qui on a déjeuné ou dîné. Il peut également s’agir de keep tabs on what you are doing and the results of those actions. Je vous ai déjà demandé d’apprendre l’anglais, donc si vous n’avez pas compris cette phrase, je ne peux pas vous aider.

J’ai par exemple acquis de nombreuses connaissances dans des domaines divers mais je n’ai jamais noté la manière dont je m’y prenais pour ne pas toujours repartir de zéro. Il y a eu des moments de ma vie où j’ai été plus que productive, mais je n’ai rien qui me rappelle ce que j’ai fait et comment j’ai fait pour atteindre ces résultats. Je me promets tous les jours de noter mes principes de vie, et je ne l’ai jamais fait.

Un journal ça peut être ça aussi. Une feuille de route qu’on trace au fur et à mesure qu’on avance, un document qu’on peut consulter lorsqu’on besoin de faire appel à un certain moment de nos vies. Et rien n’oblige ce journal à avoir une forme statique. On peut également parler des gens avec qui on a dîné et ce qu’on a appris, ressenti ou comment on a vécu ce moment. C’est moi, la personne qui tient le journal, qui décide de ce que j’en fais et surtout de son utilité.

L’approche de MM et Tim Ferris me parle bien plus que celle du journal classique. Je vais de ce pas chercher le carnet qui me servira à noter… toutes ces choses qui me mènent quelque part.

Si vous êtes intéressés par la vidéo de Tim Ferriss, vous pouvez la regarder ici :

Et si vous voulez écouter la critique de mon texte, cliquez sur Play et la vidéo commencera exactement au moment où Manna finit avec ma race :

Photo : Jessica Lewis


PS : peu de gens le savent, mais il est possible de surligner des passages des articles, comme c’est le cas sur Medium. Ce serait bien d’utiliser cette fonctionnalité pour que je sache quelles sont les parties du texte qui ont retenu votre attention. Et puis, il faut bien que mon argent serve à quelque chose puisque j’ai payé pour cette fonctionnalité !


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3 commentaires

Loriane novembre 5, 2020 - 9:54

Tu es très drôle et tu as vraiment un style captivant! Moi-même j’adore les podcasts mais j’ai un peu peur de me lancer dans ceux en Anglais de peur de ne pas tout suivre. Je n’aurais jamais écouté Matthew McConaughey (j’ai fait un copié collé du nom), comme quoi il faut dépasser ses a priori parfois!! et pour finir je tenais un journal quand j’étais ado mais c’est vrai qu’on peut en tirer des bénéfices même en tant qu’adultes.

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C. Befoune novembre 6, 2020 - 10:36

Je pense vraiment qu’écouter des podcasts en anglais affinera ton oreille pour ce qui est de la compréhension et la diction dans cette langue. Au départ ce sera certainement laborieux, mais après tout ira bien. Je parle d’expérience.

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Charmante Akpatcho novembre 7, 2020 - 11:45

J’ai éclaté de rire quand j’ai lu  » mais ne disgressons pas ». Ah ouais? On est pas ici pour ça ? Belle plume j’aime vraiment vous lire.

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