5 podcasts qui changent littéralement ma vie

par C. Befoune
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13 minutes

Je suis une grande, mais alors très grande consommatrice de podcasts. Si j’ai des écouteurs tout le temps, c’est parce que j’en passe beaucoup à écouter des podcasts.

Généralement, avant 8 heures du matin j’ai déjà écouté au moins un épisode. Deux ou trois si on tient compte du fait que RFI diffuse le journal et les reportages sous forme de podcasts pour ceux qui n’avaient pas l’oreille collée à la radio au bon moment.

J’ai commencé à écouter des podcasts en 2015. Avant je ne savais pas ce que c’était. Je n’aurais même jamais imaginé que des gens pourraient avoir l’idée de s’enfermer dans une pièce calme, face à un micro ou un téléphone portable, ou même un ordinateur, pour littéralement raconter leur vie. La majorité des podcasts que j’écoute sont en anglais. Pourquoi ? Parce qu’en matière de contenu, le monde anglophone, qu’il soit africain ou d’ailleurs, est très avancé.

Les podcasts ont vraiment changé ma vie.

Ces personnes qui partagent leurs expériences de vie, qu’elles soient réussies ou ratées, m’ont aidées à prendre des décisions majeures. J’ai complètement changé de domaine d’activités : je suis passée de la traduction pure et dure au blogging/création d’un média citoyen/spécialisation dans l’action citoyenne. C’est grâce aux podcasts que j’ai envoyé bouler mon travail pour un stage  très, mais alors très mal payé. C’était le meilleur moyen de tout apprendre sur le nouveau domaine qui m’intéressait, tout en me professionnalisant. C’est également grâce aux podcasts que j’ai décidé de devenir une adulte, de quitter le cocon familial pour un appartement il y a 6 mois, que j’ai décidé de me focaliser sur l’épargne, et que je me lance dans une nouvelle aventure, celle de Digressions.

Il ne m’a pas été facile de n’en choisir que 5 à présenter ici. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais pu rédiger un exposé de 15.000 mots sur la question. Les 5 podcasts dont je parlerai sont ceux que j’écoute le plus, ceux qui m’ont le plus inspirée, et ceux sans lesquels j’aurais l’impression que la base de mes réflexions est incomplète.

 

1- My Taught to You, de Myleik Teele

My Taught to You est le premier que j’ai écouté. Je suis tombée dessus en 2015 par le plus grand des hasards. A l’époque j’étais obsédée par tout ce qui est cheveux naturels, et j’ai découvert le compte Instagram de CurlBox, qui commercialise des produits pour cheveux afro. À travers ce compte, j’ai connu celui de la CEO de CurlBox, Myleik Teele. Ses posts étaient très inspirants, alors je l’ai suivie.  Et voilà !

My Taught to You is not your average podcast. J’aurais voulu le dire en français, mais la traductrice que je suis ne trouve aucune suite de mots assez forte pour exprimer mon ressenti. Le sourire charmeur de la dame et le mauve sur l’illustration du podcast peut laisser penser qu’il n’est destiné qu’aux femmes. Oui, d’une certaine façon. Myleik est très portée sur l’entrepreneuriat féminin et la nécessité pour le femmes de se soutenir mutuellement pour réussir ensemble. Mais le côté féminin de la chose s’arrête là.

Myleik est un entrepreneur fascinant. Elle a eu un parcours intéressant : sans le sous et à la rue à 32 ans, elle est aujourd’hui, à 38 ans, à la tête d’une entreprise dont le chiffre d’affaires s’estime en millions de dollars. Pourtant, lorsque j’écoute son podcast je me rends compte que ce résultat, cette destination n’est pas importante. Ce qui l’est, c’est le chemin qu’elle se trace. Mon éthique de travail me vient à 100% d’elle. Je n’étais pas aussi orientée résultats avant de commencer à l’écouter. Elle a eu une grande influence dans ma vie tant professionnelle que professionnelle.

Les épisodes de ses podcasts se présentent très simplement. La majorité d’entre eux sont des réponses aux questions des auditeurs ou de ses abonnés sur les réseaux sociaux. Les autres sont des entretiens avec des entrepreneurs de premier plan qui font partie de son réseau et qu’elle invite à partager en toute candeur leur expérience, mais surtout leurs échecs. L’épisode qui m’a le plus touchée est celui avec Necole Kane. La première fois que je l’ai écouté il y a deux ans, j’ai été impressionnée par son parcours. La seconde fois que je l’ai écouté en 2018, j’ai eu comme un électrochoc.  J’en parlerai plus en détails dans une revue de cet épisode précisément.

Ce que j’ai appris de Myleik ? Sans être exhaustive, je citerai ceci :

  • Établir des limites à mon entourage, qu’il soit familial ou autre, afin que je cesse d’être à la merci de leur volonté.
  • Apprendre à dire non lorsque la proposition faite ou l’action posée ne me convient pas.
  • Apprendre à m’entourer de gens qui me tirent vers le haut, des personnes de qui j’apprends des choses édifiantes.
  • Lire de manière utile.
  • Avoir un sens de l’éthique quasiment sans faille dans le milieu professionnel.
  • Choisir mes relations.
  • Épargner de manière intelligente.
  • Combattre le syndrome de l’imposteur.
  • Savoir exactement ce que je veux avant de prendre une décision qui peut avoir des incidences majeures.

 

2- Oprah’s Master Class

Ceux qui me lisent depuis que j’ai commencé à écrire sur Medium (l’ancêtre de Digressions) en 2016 savent que rien ne vaut Oprah à mes yeux lorsqu’il s’agit de médias. Rien ni personne. Oprah a su créer des plateformes de partage et d’échanges sans pareilles, et Oprah’s Master Class est l’un de ses nombreux chef d’œuvre. Elle ne pose pas de questions, ce n’est pas une conversation. L’invité raconte son histoire, tout simplement.

Je n’aime pas Dwayne Johnson. Je l’ai toujours trouvé mauvais acteur, et sa carrure m’a semblé questionnable d’entrée de jeu. J’ai écouté son épisode de Master Class parce que j’attendais ce podcast depuis des années. Il s’est avéré que son épisode était le premier. J’étais littéralement malheureuse quand j’appuyais sur play : « Comment Oprah a pu me faire ça ? J’attends ce truc depuis tellement longtemps et tout ce qu’elle juge bon de faire c’est de commencer par ce Monsieur ! »

L’histoire de Dwayne « The Rock » Johnson est l’une des plus belles que j’ai jamais entendue de ma vie. Je recommande vivement cet épisode. J’avais également des appréhensions pour ce qui est de l’épisode de Justin Timberlake, mais une fois encore, la surprise a été grande : il a pivoté au sommet de sa carrière en laissant tout derrière lui et en ne misant que sur son talent, sa capacité à créer. Steve Harvey qui s’est vu humilier par sa maîtresse à l’école primaire parce qu’il avait osé dire qu’il souhaitait passer à la télé : il lui a envoyé une télévision à la dame tous les ans une fois qu’il est devenu célèbre. La grand-mère de Kevin Hart lui a inculqué la notion de loyauté dès le bas âge. Après avoir vu sa mère souffrir suite à son divorce pour obtenir ses pensions alimentaires, Cindy Crawford s’est promis de ne jamais dépendre financièrement de qui que ce soit dans sa vie.

S’il y a une chose qu’Oprah a compris, c’est que derrière chaque personne, aussi « légère » qu’elle puisse paraître, il y a une histoire profonde. Des blessures, des peines qui ont conduit à une éthique qui l’a menée où elle est. Le succès, le vrai, quel qu’il soit, n’appairait pas en un claquement de doigt. Derrière chaque réussite, derrière chaque succès il y a des combats très profonds qui sont parfois tellement semblables aux miens que j’ai l’impression en écoutant le podcast que les invités me parlent directement.

« Every Life is a Master Class ». Cette phrase d’Oprah prend tout son sens avec ce podcast.

 

3- The Overwhelmed Brain de Paul Colaianni

En 2015 j’étais au bout de ma vie, plus déprimée que jamais. Je n’aimais rien de ce que je faisais, du niveau professionnel et personnel où j’étais, de la relation amoureuse que je n’arrivais pas à laisser tomber, mon physique n’était plus ce qu’il était, mon niveau de confiance en moi était au niveau zéro…

The Overwhlemed Brain est l’un des principaux podcasts qui m’a fait sortir de cet état. Paul Colaianni explore le comportement humain de la façon la plus radicale, mais avec une douceur qui m’a aidée à réaliser chacune des failles dans ma personnalité qui me maintenait au niveau où j’étais. Il s’agissait de moi-même en tant que personne, mais aussi de mes interactions avec les autres. Certains comportements que nous subissons de nos proches sont des abus qui ont un grand impact sur notre façon de nous percevoir, et ces abus sont tellement subtils, répétés et familiers que nous pensons qu’ils sont normaux.

La particularité avec Paul Colaianni est que tout part de son histoire personnelle. Il manquait de confiance en lui, a été psychologiquement abusé dans son enfance et est devenu un mari abusif. Au niveau professionnel/financier, il a été au plus bas, au point de se nourrir à la soupe populaire pendant plus ou moins longtemps.  Il part de son histoire à lui pour comprendre celle des autres et donner un avis peut-être pas médical, mais humain.

La chose la plus importante que j’ai apprise de lui est la détection des comportements passifs-agressifs. Vous savez, ces commentaires que lancent nos parents, nos frères, nos sœurs, nos amis, qui sont vraiment blessants mais qui sont dit sur un ton tellement légers qu’on a l’impression que nous devenons l’agresseur si on s’en plaint ? C’est le comportement passif-agressif dont j’ai le plus souffert dans mon entourage. J’ai encaissé ces moqueries pour ne pas être « mal vue » ou jugée « trop sensible ». Ils ont eu le pire effet sur moi, surtout au niveau du courage d’oser.

Je me souviens, lorsque j’ai commencé à faire du fitness parce que j’étais en surpoids, les commentaires de mon entourage étaient « Ton sport là n’a aucun résultat. Et puis de toute façon tu perds ton temps ! » Je n’ai pas lâché l’affaire, même si je le faisais parfois avec honte. Je me levais à 5 heures du matin pour que personne ne me voit le faire, de peur d’essuyer des critiques négatives. 3 ans après je n’ai pas arrêté, et les moqueries se sont transformées en regards et commentaires envieux. En réalité ces personnes projetaient leurs limites sur moi, sur mes actions. Je ne devais pas oser parce qu’elles pensaient elles ne pas pouvoir.

Paul Colaianni m’a appris à le comprendre.

 

4- Nouvelle École

J’ai littéralement failli péter un câble lorsque j’ai appris que Nouvelle Ecole c’était fini. Le 29 octobre dernier, Antonin Archer a publié un épisode du podcast intitulé Au revoir et Merci. Le 86e épisode du podcast. J’en ai eu le cœur brisé, mais même à travers ses aurevoirs, Antonin m’a donné une leçon. Quel que soit le succès de ce qu’on a pu faire, à un moment le choix est simple. Soit on reste au niveau où on est et on évolue pas parce que ce qu’on fait marche et est applaudi. Soit on accepte d’évoluer et de passer à autre chose parce qu’on a tout donné, qu’on a tout vu, et qu’on ne veut pas vivre dans un cycle répétitif, qu’on préfère s’en aller fort de ses acquis pour créer autre chose.

Nouvelle École est le seul podcast en français que j’ai écouté sans me lasser. Chacun des 86 épisodes est une source d’inspiration. À l’époque où Nouvelle École a été créé, Antonin se posait beaucoup de questions sur l’entrepreneuriat, et le meilleur moyen d’apprendre était de poser des questions aux gens qui ont lancé des initiatives formidables. Il nous a invité dans son salon pour écouter ses discussions. Ses questions sont tellement candides qu’on s’y reconnait : « Mais comment… Mais pourquoi… Mais quand ? » Ce ne sont pas des interviews, mais des discussions entre une personne qui a soif de savoir, et une autre qui pense parfois ne pas en savoir plus que lui et qui découvre les réponses dans son propre parcours. Une pure merveille.

J’ai connu Oussama Ammar grâce à Antonin Archer, et ce monsieur a changé ma vision de l’entrepreneuriat, du domaine de la créativité : l’échec fait mal, mais il est nécessaire à tous les niveaux. Le plus bel épisode est celui avec François Samuelson, agent d’écrivain. On ressent l’intimidation d’Antonin face à ce monument du milieu de l’écriture qui nous ramène aux premiers jours de la professionnalisation de son métier en France. Son éthique de travail est impressionnante. L’épisode qui a tout changé pour moi est celui avec Fibre Tigre, grand adolescent d’une quarantaine d’années qui a partagé ses cheat-codes de la vie. Je n’en dis pas plus parce que j’en ferai une revue.

 

5- Master of Scale de Reid Hoffman

Le nom Reid Hoffman est inconnu de beaucoup de gens, pourtant nous utilisons presque tous un réseau social dont il est le co-fondateur : LinkedIn. Master of Scale est LE PODCAST pour tout entrepreneur, tout créatif et toute personne qui souhaite améliorer sa compréhension, sa perception et son éthique de travail, qu’elle soit salariée ou pas.

Reid Hoffman n’est pas n’importe qui, alors son carnet d’adresse lui permet d’avoir comme invité des personnes inatteignables comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Peter Thiel de PayPal. L’épisode avec Peter Thiel est l’un de ceux qui m’a le plus marquée. Il parle de compétition, et son conseil est très simple : évitez-la. Elle est malsaine et empêche de se concentrer sur ce qu’on a à faire.

Jusqu’ici, le meilleur épisode pour moi est celui avec Evan Williams. Si on tient compte du fait que Larry King est hors compétition, Evan Williams passe juste après Oprah dans l’univers des médias. Il a créé Blogger, a co-créé Twitter, et a créé Medium. Ces initiatives semblent déconnectées, pourtant le point commun est clair : la volonté de fournir au plus grand nombre la possibilité de partager l’information, le savoir. Mais ça, il faut écouter pour comprendre l’évolution de l’idée de départ.

Ce que j’ai appris de plus important avec Master of Scale c’est que les overnight success n’existent pas. Chacune des initiatives qui a fait boom à un moment ou à un autre est le fruit de plusieurs années de travail, d’un volume inimaginable de connaissances accumulées et mises en pratiques. Mark Zuckerberg a commencé à créer des réseaux sociaux à l’âge de 12 ans. Facebook n’a pas été son premier essai. Il n’a pas été le second. Il n’a pas été le troisième. La ténacité des entrepreneurs invités est incroyable.

Voilà , vous savez  à présent quels sont les podcasts qui me nourrissent au quotidien. Il y en a bien d’autres, mais il s’agissait ici du top 5. D’un autre côté, je n’ai pas été exhaustive car cette section est dédiée à des revues de podcasts. Le temps est venu pour moi de partager les connaissances acquises par la voix des autres !

Photo : VideoBlocks

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3 commentaires

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Anna décembre 15, 2018 - 8:31

Bon ben merci Heinnnn. J’écoute les Podcasts mais pas encore avec assez d’attention et quand j’en apprends quelque chose je n’écris pas tout de suite. Mais Justin Timberlake m’a marquée aussi. Bon bye

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C. Befoune
C. Befoune décembre 17, 2018 - 6:40

Tu devrais écouter l’épisode avec Steve Harvey, puis celui avec Shaquille O’Neal. Ils sont magnifiques.

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Fuck les codes : La méthode Musk - Digressions janvier 22, 2019 - 2:09

[…] J’ai appris de Myleik Teele que ce n’est pas en faisant des siestes qu’on atteint ses objectifs. Elon Musk l’a confirmé. Plus l’ambition est grande, moins la possibilité de faire une sieste est envisageable. Le travail acharné  est impératif. L’obsession de Musk pour ses objectifs est tellement grande qu’il a tendance à oublier que tout le monde n’a pas sa capacité à travailler 20 heures par jour, ce qui lui attire très souvent des problèmes avec ses employés. Pourtant, logiquement, il faudrait que tout le monde travaille au moins 16 heures par jour pour que tout, TOUT soit fait. Sinon il faudra se contenter d’une moitié de résultats. Ce qui est impensable lorsqu’on sait très bien qu’il est possible que tous les résultats soient enregistrés. […]

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Des cookies sont servis mais ils ne sont pas à manger ! J'espère que ça ne pose pas de problème... Accept Read More

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