Money Series #7 : claquer de l’argent pour se remonter le moral

par C. Befoune
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gestion finances depenses inutiles
12 minutes

J’ai claqué de l’argent ces dernières semaines.

Et beaucoup !

Pendant des mois j’ai été Miss budget, planification et suivi des dépenses. C’est de cette expérience qu’est né le Money Series sur le blog. Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas écrit sur le sujet depuis près ou plus de 2 mois, et ce pour une raison très simple : depuis près ou plus de 2 mois, je fous absolument n’importe quoi !

Je n’ai pas épargné, je n’ai pas suivi l’évolution de mes actions en bourses, j’ai à peine traqué mes dépenses. Je suis en mode Saoudienne héritière. Je claque, je claque et je claque. Et ce pour une raison très simple : apprendre que je suis enceinte a eu un effet sur tous les aspects de ma vie.

Tout a été chamboulé, en particulier mes finances. Elles étaient en ordre, mais vraiment en ordre pour une fois dans ma vie. Tout était prévu, mais uniquement pour 1 personne. Moi. En très peu de temps, ma réalité est passée d’une personne à 3 : moi, mon « partner in crime » et le petit humain.

Comment gérer ?

Je n’ai pas trouvé d’autre réponse que… claque tout et après on verra !

La vérité est que j’ai été dépassée par la situation. Et j’avais le moral au plus bas. J’ai toujours été habituée à tout gérer toute seule, et là il fallait faire des ajustements pour 3, en tenant compte de l’apport de l’autre partie. Ça faisait vraiment trop de mathématiques pour moi. Très honnêtement, je ne voulais pas y penser. 

Je vis très confortablement et sans avoir à me tuer à la tâche tout le temps. Sauf que cette stratégie marchait parce que j’avais évalué mes besoins et je savais exactement ce qu’il fallait faire pour me maintenir à flot et même au-delà. Il fallait tout repenser. La situation aurait été loin d’être pire que ce qu’elle est aujourd’hui vu qu’il s’agi à présent de deux revenus mis ensemble, sauf que je suis le pessimisme sur pieds. Et j’ai horreur des changements. Je ne semblais pas voir le bout du tunnel face à ces nouveaux développements… et à tous les autres qui entourent la nouvelle situation.

En gros ? 

J’ai paniqué.

Ajoutez à ça le moral bas. Si vous avez les derniers textes, alors vous devez savoir que la nouvelle de ma grossesse n’a pas forcément été accueillie avec des strass et des paillettes. Alors j’ai fait quelques folies pour ne pas sombrer.

Les raisons de ces folies varient d’une personne à une autre. Je vous parlerai dans cette première partie de l’article des miennes, certaines justifiées, d’autres non. Commençons par les raisons qui peuvent être justifiées. Si vous ne voulez pas lire ces raisons, passez directement à la partie Comment est-ce que je compte remédier à tout ceci.

  • Je me suis fait des restos plus d’une fois, et plus d’une fois par semaine.

Très honnêtement, lorsqu’on est enceinte, tout est dégoûtant ! Surtout la bouffe qu’on cuisine soi-même. Pire, parfois on marche dans la rue et on ressent venu de nulle part un besoin immédiat de manger. Alors je suis allée au resto souvent. Je me prépare à y aller là. Je n’ai pas faim du tout, mais je n’ai pas le contrôle. L’estomac est vide et il me faut le remplir, sinon c’est parti pour des crises de vomissement à n’en plus finir. 

Je dois avouer que je me suis également fait des restos avec des amis histoire de m’aérer l’esprit et de pouvoir discuter dans un cadre convivial. Alors oui, j’ai claqué de l’argent dans des restos. Beaucoup. Ça m’a fait du bien. Et je compte recommencer.

  • J’ai explosé mon budget nourriture.

Ce point peut sembler être pareil au point précédent, mais ce n’est pas le cas. Je vous l’ai dit dans le Money Series #4, je sais exactement ce que je mange, du coup je sais exactement ce que j’achète. Sauf que ce que j’avais l’habitude de manger est devenu soit dégoûtant, soit non-indiqué. Alors je teste autre chose et je cède à ce qu’on appelle en anglais des « cravings ». Les tests ne marchent pas toujours, et les cravings apparaissent et disparaissent au gré des humeurs du petit humain. J’ai par exemple des litres et des litres de jus d’orange que je ne boirai pas parce que le petit humain qui en raffolait n’en veut plus du tout. 

Je dois faire les courses cette semaine, et pour tout vous dire je ne sais pas ce que j’achèterai. Aux orties la liste de courses ! J’irai flâner dans le super marché et je verrai ce qui me fait envie. Le plus énervant est que je n’ai jamais été difficile en termes de nourriture. Je sais généralement ce que je mange et je ne perds pas de temps à contempler l’inutile dans les rayons. Ma vie a bien changé !

  • J’ai embauché une femme de ménage.

Ça reste à mes yeux une folie, parce que je continue de penser que je n’en ai pas besoin. Sauf qu’avec des baisses d’énergie incontrôlables (et une envie constante de ne rien foutre), je me suis retrouvée à vivre entourée de poussière. Ce n’est pas la chose la plus belle qu’on puisse imaginer. Vivre dans la saleté. Alors oui, j’ai embauché une femme de ménage, ce qui a ajouté une charge mensuelle fixe. Elle n’est pas très lourde, mais elle existe. Je ne sais pas trop où situer ce budget, étant donné que ces derniers temps je claque. Je dois me poser et revoir ma budgétisation pour inclure cette dépense. Je devrais certainement gratter sur 1 ou 2 budgets déjà établis. 

Ces 3 faits peuvent être justifiés, mais qu’en est-il des autres ?

  • Je me suis achetée des vêtements.

Je l’ai dit dans le Money Series #4 : comment dépenser utile, je n’achète des vêtements qu’une ou deux fois par an, et ce généralement à cause du changement de saison. Sauf que je me trouve vraiment laide et négligée ces derniers temps. Voir mon corps changer n’est pas très facile pour moi, et ça me déprime de ne pas me reconnaître dans un miroir. Alors je m’efforce de rester potable à mes propres yeux !

Je me suis coupé les cheveux sur un coup de tête (dépense parce que je l’ai fait chez une professionnelle), et j’ai commencé à acheter des vêtements et des chaussures. Ca fait du bien, tellement de bien de sortir des magasins avec ces nouvelles acquisitions ! Rolala ! Je ne sais si je peux vraiment qualifier ceci de folie. Je le ressens plus comme un besoin. Sauf que je ne suis que partiellement satisfaite. J’ai certes de nouveaux vêtements, mais j’ai la sensation que ce qu’il me faut c’est une nouvelle garde robe. Il me la faut. Je suis totalement obsédée par cette idée !

  • Je règle des problèmes d’ordre esthétique.

Je ne me maquille pas et mes soins de visage ou de corps, et même de cheveux se limitent au strict minimum. Mais la grossesse ce n’est pas qu’un petit humain. C’est aussi un masque de grossesse sur le visage, l’une des choses les plus enlaidissantes au monde. C’est également la couleur de peau qui change selon son bon vouloir. Dès l’apparition des premières tâches et des premiers boutons, je me suis mise au travail : j’ai acheté de nombreux produits de la marque Shea Moisture pour régler le problème. Moi qui suis Miss Cheap lorsqu’il s’agit de produits d’entretien du corps (je déteste l’expression produits de beauté), j’ai dû abandonner ma couronne : au grands maux les grands remèdes. Hors de question de déambuler en mode calculatrice. Et oui, ces produits marchent du tonnerre !

  • J’ai effectué un voyage histoire de changer d’air.

Oui oui, je me la joue héritière. Je change d’air à présent. Et je ne suis pas prête de m’arrêter là mes cocos. Je changerai d’air 1 ou 2 fois de plus avant cet accouchement ! 

Je suis allée au Cameroun et j’y ai vécu la belle vie quelques jours… jusqu’à ce que je me retrouve clouée sur un lit d’hôpital parce que fibrome, bébé et belle vie ne font pas bon ménage !

Un autre point important : pour une personne qui n’a pas d’assurance santé, je dépense beaucoup en soins à présent. Un médicament par ci, une consultation par là… ça coûte ! Surtout que je me la joue parano. À la moindre douleur je cours faire une échographie. Non, je ne me limite pas au ventre tâté par un pseudo médecin : je veux voir de mes yeux les choses évoluer.

 


La grande question est comment est-ce que je compte remédier à tout ceci ?

Le désastre est plus ou moins grand. Je n’ai rien mis de côté depuis au moins 2 mois. Pour la peine, j’ai doublé le montant à mettre de côté histoire de retenir la leçon. En gros ? J’ai une dette qui s’élève à plusieurs centaines de mille, une dette envers mon compte épargne. Elle sera réglée la semaine prochaine. Comment ? C’est très simple.

Bien qu’inopinées, les 2 plus grosses folies ont été budgétisées : les fringues et le voyage. Malgré le nuage de folie, j’ai établi des montants précis à ne pas dépasser (raison pour laquelle j’ai de nouvelles fringues et non une nouvelle garde robe). J’ai un trou dans mes finances, certes, mais un trou dont j’ai délimité le diamètre dès le départ, histoire de ne pas perdre le contrôle.

J’avais par exemple prévu d’effectuer certaines dépenses durant mon voyage, mais je suis tombée malade. Pour que les soins ne représentent pas une dépense additionnelle, j’ai réduit le montant à dépenser, et donc le nombre d’achats à effectuer. Aucune chance que j’explose mon budget.

Les achats de produits d’entretien du corps ne sont pas venus de mes fonds propres. Ou si, mais de manière détournée. J’ai effectué des achats qui devaient m’être  remboursés. Une fois les achats effectués, je me suis rendue compte que le trou à combler n’était pas très grand. Alors je me suis servie du remboursement pour acheter ces produits en m’assurant bien de ne pas dépasser le montant remboursé.

Je ne me retrouve pas en situation d’extrême pauvreté surtout parce que les actions achetées continuent d’exister, prennent de la valeur et rapportent des dividendes. Tout comme l’argent bloqué dans un compte ouvert dans l’agence chargée de la gestion de ces actions. Cette situation me conforte dans la certitude selon laquelle investir de l’argent n’est pas une perte de temps, et tout se passe sur le long terme. Il est impossible d’avoir de bons résultats si la planification dans ce domaine est à court terme.

Pour ce qui est du remboursement des centaines de mille dus à mon compte épargne c’est très simple : je n’ai pas été souvent chez moi ces 5 dernières semaines (voyages), du coup mon salaire n’a pas beaucoup « souffert ». Au lieu de faire de cet argent un fonds de dépenses, je reverserai tout ce qui n’a pas été dépensé sur le compte bloqué, quitte à vivre misérablement les 10 prochains jours, en attendant le prochain salaire.

Ceci soulève la question suivante : d’où est venu l’argent de la budgétisation de toutes ces folies ?

Très simple. Je vous l’ai déjà dit, j’ai deux comptes épargne. Un compte bloqué auquel je n’ai pas accès dans l’agence en charge des transactions boursières, et un autre auquel j’ai accès dans une banque. Pour le compte auquel j’ai accès, j’ai défini un montant précis et la somme dans le compte ne doit jamais être inférieure à ce montant, quelle que soit la raison. En ce moment je ne suis pas dans les bonnes grâces de ce compte, mais il sera renfloué grâce au paiement d’un boulot que j’ai effectué il y a quelque temps.


Le secret ici réside dans la budgétisation.

Tout doit être budgétisé même les folies, et si le montant des dépenses n’est pas atteint, il ne faut pas en créer de nouvelles. L’argent doit être reversé d’où il vient. J’ai par exemple décidé il y a quelques semaines d’acheter des chaussures. Une folie, parce que j’ai des chaussures ! J’ai défini un budget, et je me suis rendue au magasin. Il y avait des soldes, ce que je ne savais pas. J’avais décidé d’acheter 2 paires de chaussures. Elles me sont revenues moins cher que prévu, du coup j’ai vraiment, vraiment été tentée d’en prendre une 3e. Mais… elle n’était pas prévue, alors j’ai reversé le reste d’argent dans le compte épargne accessible d’où il provenait. De cette manière, la folie me revient moins chère et je n’accumule pas des biens  inutilement.

Le second point est savoir rembourser ses dettes.

Une dette ne se limite pas à l’argent qu’on doit à une personne. On peut se devoir de l’argent à soi-même.  Ma cousine Jessica a une manière très simple de s’accorder ses folies : elle n’en fait aucune si elle ne sait pas exactement comment rembourser cet argent : il lui faut absolument une rentrée d’argent ponctuelle qui comblera le trou créé par l’argent claqué. De cette manière elle n’augmente peut-être pas toujours son épargne, mais elle n’est jamais inférieur à un montant précis.

Je me suis donnée jusqu’à la semaine prochaine pour rembourser toutes les dettes dans mes comptes et ce sera fait. Quitte à bouffer du sable. Bon peut-être pas, étant donné qu’il y a un humain qui dépend de ce que j’avale, mais on n’en sera pas loin !

Le trou ici viendra du fait que la somme d’argent dans le compte épargne accessible n’augmentera pas. Par contre elle ne sera pas inférieure au seuil défini, du coup je n’en mourrai pas.

Et vous, quelles sont vos astuces pour vous accorder des folies ?


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7 commentaires
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7 commentaires

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Hervé mai 21, 2019 - 4:52

Je ne sais faire que ça: des folies. Je me laisse en gén;eral une grosse marge de dépenses « imprévues »dans mes budgets. l eplus important pour moi étant d’épargner et d’investir dès que possible. Le montant de l’épargne est donc fixe et le reste tourne sur les fonds vifs comme je les appelle.
En tout cas, du courage dans le remboursement de ta dette!

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C. Befoune
C. Befoune mai 21, 2019 - 4:57

Je suis au niveau de « fonds vifs » !!! L’appelation me tue !!!

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Leyopar mai 24, 2019 - 8:25

Dieu que ça fait du bien de claquer les dos pour se réconforter.

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C. Befoune
C. Befoune mai 28, 2019 - 12:32

Je t’assure !!!!

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Yvan Manoungui mai 25, 2019 - 4:03

Je te félicite et t’encourage par la même occasion, ne te complique pas l’esprit pour rien… On ne peut tout prévoir, on ne peut tout avoir, de là aussi naît la magie du bonheur car quel plaisir aurait on à savoir exactement de quoi serait fait demain ? Go ahead !!!

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C. Befoune
C. Befoune mai 28, 2019 - 12:22

Merci de tout coeur Yvan !

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Money Series #8 : et si on revenait sur les bases ? - Digressions décembre 5, 2019 - 2:03

[…] dernier Money Series, le #7, date de mai. Le 21 plus précisément. Nous avons parlé de claquer de l’argent pour se remonter le moral. Puis plus rien pendant 6 mois. Pourquoi ? Parce que je ne me retrouvais pas dans mes finances. […]

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