Crier du fond d’une cage, mais pourquoi ?

par C. Befoune
15 commentaires
13 minutes

Savoir qu’on n’est pas seul dans une situation jugée difficile fait du bien.

Ça peut sembler bête, mais c’est vrai.

Il ne s’agit pas ici de se contenter de sa situation parce qu’on est rassuré du fait que tout soit également merdique chez le voisin. Il s’agit de constater que c’est tout aussi merdique chez le voisin, de se rassurer qu’on n’est pas seuls, puis de discuter avec ce voisin des voies et moyens pour sortir de cette situation. Il s’agit également de demander au voisin chez qui la situation est moins merdique quelles ont été ses stratégies pour en être là.

Tout ceci demande beaucoup d’interactions humaines n’est-ce-pas ? C’est chiant, je comprends. Je ne suis pas très fan des interactions humaines non plus. Ce dont je suis fan par contre c’est de ne pas végéter dans ma crasse. Je me plais à penser que je ne suis pas un cochon, alors la saleté, qu’elle soit mienne ou pas, je m’en débarrasse. Si pour y arriver je dois aller vers des gens, je le fais.

Mais à ma manière à moi.


Un visuel m’a frappée sur Instagram il n’y a pas longtemps.

 

 
 
 
 
 
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Cette simple phrase m’a rappelée d’où je viens, qui j’étais et qui je me suis efforcée de devenir. Je ne me suis pas faite toute seule. Je suis entre autres la somme des expériences de vie de nombreuses personnes. Grâce à leurs partages des moments parfois les plus sombres de leur vie, j’ai marché dans leurs chaussures et je me suis identifiée à eux. J’ai appris d’eux. J’ai appris à naviguer dans ma propre vie grâce à eux. J’ai également appris d’eux que rien n’est jamais tout rose, qu’au bout du chemin nous attendent toujours de nouveaux obstacles à franchir.

Je discutais il y a quelques jours avec mon ami de très longue date Cyrille Djami. Je l’ai connu au collège. Après près de 7 ans, j’ai eu l’opportunité de lui dire qu’il a été l’élément déclencheur de ma décision de me prendre en main. J’ai eu l’opportunité de lui dire merci, un merci que je renouvelle ici.

Après le collège, Cyrille est devenu bizarre selon mes critères de l’époque. Nous avons fait la même université. J’ai cessé de le comprendre à ce moment-là. Il a osé reprendre sa première année parce qu’il souhaitait changer de filière. Je ne comprenais pas. Le plus drôle ? Je l’ai dit dans cet article sur le choix de la carrière professionnelle, je souhaitais changer de filière moi aussi, mais je me souciais trop du qu’en dira-t-on, alors j’ai poursuivi celle dans laquelle je m’étais lancée. Le plus bête ? Cyrille était en sociology and anthropology, la filière que je voulais suivre. Je n’ai jamais eu le courage de lui poser la moindre question sur le sujet. L’ego. La pression des pairs. Un mélange de tout ça.

Donc Cyrille a repris sa première année pour se lancer en banking and finance. Il s’était entouré de gens que je n’appréciais pas. J’ai réalisé des années plus tard que je ne les appréciais pas tout simplement parce qu’ils représentaient qui je voulais être : une personne qui se trace une voie et se donne les moyens d’atteindre ses objectifs. Ils semblaient être des marginaux, des gens qui faisaient des soirées plage alors qu’il faisait froid. 

Ils s’en foutaient. Ils faisaient ce qu’ils voulaient et ne se fondaient pas dans la masse. Je détestais ça. Nous détestions ça et les critiquions négativement à longueur de journée. Aujourd’hui j’ai la certitude qu’ils ont de meilleurs souvenirs de leur passage à l’université que moi : ils se sont amusés selon leurs propres codes.

Après l’obtention de son diplôme, Cyrille a changé une fois de plus : il a complètement retapé son image. Finies les publications ridicules ou immatures sur les réseaux sociaux. Il est devenu Cyrille Corporate. Ça me révulsait ! Il veut se faire passer pour qui il n’est pas, je me disais. Cyrille n’est pas cette personne. Il est quelqu’un de déluré, pourquoi nous ment-il ?

Ce rebranding lui a ouvert des portes et l’a mené loin. Très loin. Malgré son jeune âge, il aurait beaucoup à dire sur son parcours. Surtout en ce moment où il pivote à 180° une fois de plus. Je n’en dirai pas davantage. Si vous êtes une personne qui se cherche une image corporate qui conviendrait aux activités que vous souhaitez exercer, vous savez à présent vers qui vous tourner.

Donc son rebranding

Lorsqu’au bout d’une très longue dépression j’ai évalué ma vie et je me suis rendue compte qu’il me fallait changer du tout au tout, je me suis tournée vers la personne qui s’est imposée dans mon esprit : Cyrille. Il a été difficile de m’avouer que ce malaise que je ressentais envers lui était en réalité de l’envie. J’enviais sa capacité à prendre ses décisions par lui-même, et surtout de se donner les moyens d’arriver à ses fins en faisant ce qu’il faut sans se soucier de la médiocrité ambiante (moi incluse) qui ne souhaitait que le maintenir dans une situation que je qualifierai de négative pour lui.

J’avais suivi son parcours, et il forçait l’admiration. Vous savez, la lumière ne vous frappe que lorsque vous êtes prêts à tourner la tête vers elle. Il était loin d’être au bout du chemin, mais j’avais besoin de son expérience. J’avais besoin de sortir de ma situation de vacuité et son expérience prouvait qu’il savait comment faire.

Il m’a été difficile de me détacher de qui j’étais. La preuve ? J’avais 2 comptes Facebook. Le premier gardait l’ancienne moi sous respirateur (la vacuité dans toute sa splendeur), le deuxième essayait de donner vie à la nouvelle moi (du sérieux, du réfléchi, du raisonné). Je semblais avoir 2 personnalités qui essayaient vainement de coexister : celle que je ne voulais plus être et celle que je rêvais d’être.

« Soit tu veux changer, soit tu ne veux pas. »

Cette phrase de Cyrille a été difficile à accepter.

Nous avons passé des heures au téléphone, heures durant lesquelles j’essayais de lui expliquer l’importance de mon ancienne vie, des gens que j’y côtoyais et de la cristallisation de tout cela à travers mon premier compte Facebook dont je ne pouvais absolument pas me débarrasser.

« De ces centaines de personnes que tu as comme amis sur ce compte, combien te tirent vers le haut et combien sont prêtes à faire face au changement que tu opères ? Combien de ces personnes sont prêtes à accepter celle que tu veux devenir, celle qui, tu le sais très bien, te mènera vers ce que tu veux pour toi même ? »

C’est le téléphone à l’oreille et le doigt tremblant que j’ai supprimé mon premier compte Facebook et que j’ai dit au revoir à mon ancienne moi. « Tu le peux, fais-le. Fais-le. Tu auras toujours la possibilité de prendre avec toi les personnes qui te sont importantes. Fais-le. » Cyrille a répété ces phrases 10 fois au moins alors que j’hésitais à cliquer.

Comme on le dit en anglais, the rest is history.


Le visuel partagé plus haut dit ceci : Share the things that are hardest to share.

La première étape de ma métamorphose s’est opérée parce que j’ai observé le parcours de Cyrille et j’ai accepté de mettre mon ego de côté pour lui demander conseil. Je ne serais pas allée plus loin si je m’étais arrêtée-là.  J’avais besoin de me trouver selon mes propres codes. La deuxième et dernière étape de mon changement s’est opérée grâce à des gens que je n’ai jamais côtoyés, des gens qui n’entendront certainement jamais parler de moi.

J’ai lu, écouté et regardé des gens qui ont partagé le plus difficile à partager : leurs échecs, leurs épisodes dépressifs, leur misère, leurs difficultés passées, actuelles et à venir, mais aussi leurs stratégies pour arriver où ils en sont. Le lien invisible de tout ce contenu partagé semblait être la question de savoir comment y arriver. Que représente le « y » de y arriver ? C’est à chacun de le découvrir.

Myleik Teele, Gary Vee, James Altucher, Srinivas Rao, Ryan Holiday, Benny Hsu, Paul Colaianni… Ils avaient tous un point commun : ils étaient passés de merdiques à nettement moins merdiques dans leur vie tant personnelle que professionnelle. C’est ce que je souhaitais accomplir. Je souhaitais me réaliser, être une personne qui saurait vivre sa vérité, qui n’aurait plus honte du déphasage entre l’image qu’elle renvoyait et celle qu’elle était vraiment. Je souhaitais également me refaire professionnellement. Je ne supportais juste plus ma vie.

Grâce aux partages de ces personnes citées précédemment (je ne mettrai pas de lien vers leurs profils, si vous en avez vraiment besoin, alors vous les chercherez !), j’ai acquis bien plus d’expérience que je n’en ai vécu. Les leurs sont devenues miennes car elles ont su les détailler afin que je les visite, que je les revive. Blogs, articles, podcasts, publications sur les réseaux sociaux… je consommais tout, pour mon plus grand bien.

J’ai commencé à baliser mon chemin. J’ai appris à dire non à tout ce qui ne me rapprochait pas de mes objectifs. J’ai surtout appris l’empathie, ce qui m’a permis de comprendre les autres et d’évoluer à leurs côtés plutôt que contre eux. 


J’aime écrire. 

Depuis que je suis enfant je ne fais que ça. 

Je ne sais pas réfléchir par voie orale. Je ne sais pas véhiculer mon ressenti à travers la voix. Et je ne suis pas seule dans ce cas. Après des nuits de discussions sur notre parcours vers le changement personnel, mon ami Tchassa Kamga et moi avons décidé de partager nous aussi notre expérience de vie.

L’idée était très simple : à notre niveau nous avions su nous approprier l’expérience d’autres personnes. Sauf que ces personnes évoluent dans un environnement différent du nôtre, un environnement auquel nous ne pouvons pas toujours nous identifier. Qu’est-ce que ça donnerait si nous partagions nous aussi notre expérience en tenant compte de notre environnement et des adaptations que nous avons faites par rapport aux enseignements reçus afin de nous en sortir dans notre milieu à nous ?

De ce questionnement est né ce que j’ai appelé authentic blogging. Bloguer sans filtre. Dire afin que ce qui est dit soit utile. Ne pas se mentir, ne pas mentir. Partager le beau, le laid et l’affreux afin d’être utile à au moins une personne en ce bas monde. Jeter des bouteilles à la mer, des bouteilles qui atteindront leur objectif pas à coup de tapage sur les réseaux sociaux, mais parce que le message contenu a touché celui qui l’a lu et qu’il a souhaité le partager. 

Tchonté me demande très souvent pourquoi je ne partage pas les articles de Digressions sur les réseaux sociaux. Elle a la réponse, je pense.

J’ai commencé en 2016 sur Medium où sont toujours publiés environ 200 articles. L’expérience a été enrichissante. J’y écrivais en français et en anglais. Majoritairement en anglais, car les articles en cette langue avaient plus de succès. Ils étaient lus à travers le monde, et ça me ravissait. 

Le rappel à la réalité a été brutal lorsque j’ai décidé de créer Digressions.

Dans quelle langue fallait-il écrire ? L’anglais avait plus de succès. Par contre le type de contenu produit existait peu en français. Quel était le but originel ? Parler comme on m’a parlé sans me connaitre, parler à des personnes qui n’ont pas forcément accès au même contenu que moi et à qui mes réflexions et expériences pourraient être utiles. Il fallait choisir entre célébrité et utilité. Entre vacuité et sens.

Tout partager, mais avec qui ?


J’aime Digressions.

Ce blog est ma bouée de sauvetage. Il est utile à certains, mais il m’est plus utile à moi. Il me permet de prendre soin de ma santé mentale à tous les niveaux. Il est mon exutoire, un espace où je me sens et où je me sais moi.

La communauté est petite, mais elle est vraie. Il n’y a pas de faux semblants. Lorsque vous me contactez ce n’est pas les yeux brillants. C’est pour partager avec moi vos douleurs comme vos bonheurs dans des discussions saines. Vous ne pouvez imaginer ce que vous m’apportez. Vous me maintenez à flot. 

Nombre d’entre vous me dit très souvent que mes expériences partagées vous permettent de savoir que vous n’êtes pas seuls. Sachez que vos retours me rassurent également : je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule à vivre des moments difficiles. Je ne suis pas seule à cogiter à longueur de journée sur le sens de ma vie. Je ne suis pas seule à faire face à toutes ces difficultés. Vous les traversez vous aussi, alors elles sont réelles.

Je ne suis pas folle.


Un partage d’expérience peut changer une vie, puis une autre, puis une autre encore.

Chaque expérience de vie mérite d’être partagée. Pour soi, mais aussi pour ceux qui peuvent en avoir besoin. Je le dis très souvent, partagez vos expériences de vie, vos moments noirs comme vos bonheurs. Quelqu’un quelque part en a besoin.

Ecrire des articles de 3000 mots n’est pas la seule manière de le faire. C’est ma manière à moi car je ne sais faire autrement. Trouvez le moyen d’expression qui vous convient le mieux et permettez aux autres de s’exprimer à travers vous, en toute bienveillance. 

Le difficile, l’impossible à formuler est très souvent le plus important à partager.

Photo : Zhang


PS : peu de gens le savent, mais il est possible de surligner ou de répondre à des passages d’articles, comme c’est le cas sur Medium. Ce serait bien d’utiliser cette fonctionnalité pour que je sache quelles sont les parties du texte qui ont retenu votre attention. Et puis, il faut bien que mon argent serve à quelque chose puisque j’ai payé pour cette fonctionnalité !


Digressions n’a aucun compte sur les réseaux sociaux, une situation qui n’est pas près de changer. Pour vous tenir informés des activités ici, abonnez-vous au blog, tout simplement. 

Je suis disponible par mail à l’adresse mesdigressions@gmail.com et sur Instagram à @c_befoune.

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15 commentaires

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Aurélie septembre 11, 2019 - 10:50

En plein dans ce processus de changement et lorsque je suis prise de doutes… je me remémore tout ce qui n’est pas moi qui requiert des sourires crispés et une tonne d’énergie pour rester le moi qui ne fait pas tâche dans les attentes des autres. Merci infiniment pour ta plume rassurante.

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C. Befoune
C. Befoune septembre 12, 2019 - 12:26

Et merci à toi Aurélie pour ton partage d’expérience. Ce processus est l’un des plus difficiles sur terre à mon avis. Mais tu y arriveras.

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Amoussouga Dolorès septembre 12, 2019 - 6:36

Quel magnifique article! J’en ai gros sur le coeur depuis longtemps, des choses que j’ai envie de dire qu ‘on ne dit pas, parce que potentiel de stigmatisation et d’ostracisme très élevés. Mais quand je te lis, j’ai envie de sauter le pas. Merci❤

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C. Befoune
C. Befoune septembre 12, 2019 - 12:25

J’espère de tout coeur que tu sauteras le pas Dolores !

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Fadilath septembre 12, 2019 - 10:11

« Le difficile, l’impossible à formuler est très souvent le plus important à partager. »

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C. Befoune
C. Befoune septembre 12, 2019 - 12:25

J’y crois dur comme fer Fadilath.

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Yvanna Sonia septembre 12, 2019 - 2:59

Je vis actuellement un moment charnière où il faut choisir de continuer à essayer de construire la vie à laquelle j’aspire ou me contenter de faire ce qu’on attend de moi. Ton article m’a permis de me souvenir de ce à quoi j’ai dû renoncer pour être plus cohérente avec celle que je veux être. Merci de m’avoir rappelée que je ne suis pas la seule qui fait face à ce challenge. Au moins je ne suis pas folle 😅

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C. Befoune
C. Befoune septembre 18, 2019 - 10:57

Oh tu es très loin de l’être Yvanna, tu peux me croire !

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Anna Keds septembre 13, 2019 - 7:10

Ecrire des articles de 3000 mots n’est pas la seule manière de le faire. C’est ma manière à moi car je ne sais faire autrement. Trouvez le moyen d’expression qui vous convient le mieux et permettez aux autres de s’exprimer à travers vous, en toute bienveillance.Ecrire tout ce qui est important. Moi-même je sens que je garde encore tellement. Je survole. Chaque fois que je te lis, ça me donne envie d’aller écrire un article plus vrai, plus authentique, plus ouvert. Ton cheminement je le comprends. Je fais le même avec un peu plus de lenteur lol. Merci de nous donner envie. Bisous ma Befoune. Love you Sis.

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C. Befoune
C. Befoune septembre 18, 2019 - 10:55

;p

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MOUTAIROU Chiaratou Olayindé septembre 14, 2019 - 12:52

J’ai juste retenue une phrase. Un partage d’expérience peut sauver une vie et tu as parfaitement raison. De plus en plus les jeunes se suicident dans mon pays. Si au moins ils lisaient l’histoire des autres, ils comprendront que les moments difficiles ne constituent pas une finalité. Beaucoup ont vécu parfois même pire que les maux dont ils se plaignent. C’est hyper réconfortant d’apprendre que les autres aussi ont souffert et s’en sont sortis. Merci Befoune!

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C. Befoune
C. Befoune septembre 18, 2019 - 10:54

Bonjour Olayindé. As tu suivi le travail de Irawo sur le suicide des jeunes ?

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Chiarath septembre 24, 2019 - 11:01

Bonjour Befoune. Bien sûr. J’ai vue ça récemment sur Tweeter

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kaan septembre 30, 2019 - 10:03

« Soit tu veux changer, soit tu ne veux pas. »

Au debut, on se rends compte que quelque chose ne vas pas. Nous sommes autonomes de par notre pensée, et cet instinct de survie ne nous permet pas de nous paître dans cette médiocrité. Je suis dur avec moi meme, parce que je comprends que pour obtenir un changement, il faut être ce changement. Alors, je decide de changer, et je vais bien devoir me maintenir a ce que ca implique pour gouter a ce changement.

Merci Befoune, Merci.

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C. Befoune
C. Befoune octobre 10, 2019 - 12:16

Merci à toi d’avoir pris le temps de lire

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